1.8.3 : Conseiller à la sécurité

CHAPITRE 1.8

MESURES DE CONTRÔLE ET AUTRES MESURES DE SOUTIEN VISANT À L’OBSERVATION DES PRESCRIPTIONS DE SÉCURITÉ

 

1.8.3 Conseiller à la sécurité

1.8.3.1

Chaque entreprise dont les activités comprennent l’expédition ou le transport de marchandises dangereuses par route, ou les opérations connexes d’emballage, de chargement, de remplissage ou de déchargement, désigne un ou plusieurs conseillers à la sécurité, nommés ci-après « conseillers », pour le transport de marchandises dangereuses, chargés d’aider à la prévention des risques pour les personnes, les biens ou l’environnement, inhérents à ces activités.

 

1.8.3.2

Les autorités compétentes des Parties contractantes peuvent prévoir que les prescriptions ne s’appliquent pas aux entreprises :

  1. a) dont les activités concernées portent sur des quantités limitées, pour chaque unité de transport, ne dépassant pas les seuils mentionnés sous 1.1.3.6 et 1.7.1.4 ainsi que dans les chapitres 3.3, 3.4 et 3.5; ou
  2. b) qui n’effectuent pas, à titre d’activité principale ou accessoire, des transports de marchandises dangereuses ou des opérations d’emballage, de remplissage, de chargement ou de déchargement liées à ces transports, mais qui effectuent occasionnellement des transports nationaux de marchandises dangereuses ou des opérations d’emballage, de remplissage, de chargement ou de déchargement liées à ces transports, présentant un degré de danger ou de pollution minimal.

 

1.8.3.3

Sous la responsabilité du chef d’entreprise, le conseiller a pour mission essentielle de rechercher tout moyen et de promouvoir toute action, dans les limites des activités concernées de l’entreprise, afin de faciliter l’exécution de ces activités dans le respect des dispositions applicables et dans des conditions optimales de sécurité. Ses tâches, adaptées aux activités de l’entreprise, sont en particulier les suivantes :

    • examiner le respect des prescriptions relatives au transport de marchandises dangereuses ;
    • conseiller l’entreprise dans les opérations concernant le transport de marchandises dangereuses ;
    • assurer la rédaction d’un rapport annuel destiné à la direction de l’entreprise ou, le cas échéant, à une autorité publique locale, sur les activités de cette entreprise relatives au transport de marchandises dangereuses. Le rapport est conservé pendant 5 ans et mis à la disposition des autorités nationales, à leur demande ;

Les tâches du conseiller comprennent, en outre, notamment l’examen des pratiques et procédures suivantes relatives aux activités concernées :

    • les procédés visant au respect des prescriptions relatives à l’identification des marchandises dangereuses transportées ;
    • la pratique de l’entreprise concernant la prise en compte dans l’achat des moyens de transport de tout besoin particulier relatif aux marchandises dangereuses transportées ;
    • les procédés permettant de vérifier le matériel utilisé pour le transport des marchandises dangereuses ou pour les opérations d’emballage, de remplissage, de chargement ou de déchargement ;
    • le fait que les employés concernés de l’entreprise ont reçu une formation appropriée, y compris à propos des modifications à la réglementation, et que cette formation est inscrite sur leur dossier ;
    • la mise en œuvre de procédures d’urgence appropriées aux accidents ou incidents éventuels pouvant porter atteinte à la sécurité pendant le transport de marchandises dangereuses ou pendant les opérations d’emballage, de remplissage, de chargement ou de déchargement ;
    • le recours à des analyses et, si nécessaire, la rédaction de rapports concernant les accidents, les incidents ou les infractions graves constatées au cours du transport de marchandises dangereuses, ou pendant les opérations d’emballage, de remplissage, de chargement ou de déchargement ;
    • la mise en place de mesures appropriées pour éviter la répétition d’accidents, d’incidents ou d’infractions graves ;
    • la prise en compte des prescriptions législatives et des besoins particuliers relatifs au transport de marchandises dangereuses concernant le choix et l’utilisation de sous-traitants ou autres intervenants ;
    • la vérification que le personnel affecté à l’expédition, au transport des marchandises dangereuses ou à l’emballage, au remplissage, au chargement ou au déchargement de ces marchandises dispose de procédures d’exécution et de consignes détaillées ;
    • la mise en place d’actions pour la sensibilisation aux risques liés au transport des marchandises dangereuses ou à l’emballage, au remplissage, au chargement ou au déchargement de ces marchandises ;
    • la mise en place de procédés de vérification afin d’assurer la présence, à bord des moyens de transport, des documents et des équipements de sécurité devant accompagner les transports, et la conformité de ces documents et de ces équipements avec la réglementation ;
    • la mise en place de procédés de vérification afin d’assurer le respect des prescriptions relatives aux opérations d’emballage, de remplissage, de chargement et de déchargement ;
    • l’existence du plan de sûreté prévu au 1.10.3.2.

 

1.8.3.4

La fonction de conseiller peut être assurée par le chef d’entreprise, par une personne qui exerce d’autres tâches dans l’entreprise ou par une personne n’appartenant pas à cette dernière, à condition que l’intéressé soit effectivement en mesure de remplir ses tâches de conseiller.

 

1.8.3.5

Toute entreprise concernée communique, si la demande lui en est faite, l’identité de son conseiller à l’autorité compétente ou à l’instance désignée à cet effet par chaque Partie contractante.

 

1.8.3.6

Lorsqu’un accident ayant porté atteinte aux personnes, aux biens ou à l’environnement est survenu au cours d’un transport ou d’une opération d’emballage, de remplissage, de chargement ou de déchargement effectués par l’entreprise concernée, le conseiller assure la rédaction d’un rapport d’accident destiné à la direction de l’entreprise, ou, le cas échéant, à une autorité publique locale, après avoir recueilli tous les renseignements utiles à cette fin. Ce rapport ne saurait remplacer les rapports rédigés par la direction de l’entreprise qui seraient exigés par toute autre législation internationale ou nationale.

 

1.8.3.7

Le conseiller doit être titulaire d’un certificat de formation professionnelle valable pour le transport par route. Ce certificat est délivré par l’autorité compétente ou par l’instance désignée à cet effet par chaque Partie contractante.

 

1.8.3.8

Pour l’obtention du certificat, le candidat doit recevoir une formation sanctionnée par la réussite d’un examen agréé par l’autorité compétente de la Partie contractante.

 

1.8.3.9

La formation a pour objectif essentiel de fournir au candidat une connaissance suffisante des risques inhérents aux transports, à l’emballage, au remplissage, au chargement ou au déchargement de marchandises dangereuses, une connaissance suffisante des dispositions législatives, réglementaires et administratives, ainsi qu’une connaissance suffisante des tâches définies sous 1.8.3.3.

 

1.8.3.10

L’examen est organisé par l’autorité compétente ou par un organisme examinateur désigné par elle. L’organisme examinateur ne doit pas être un organisme de formation. La désignation de l’organisme examinateur se fait sous forme écrite. Cet agrément peut avoir une durée limitée et est fondée sur les critères suivants :

    • compétence de l’organisme examinateur ;
    • spécifications des modalités de l’examen proposées par l’organisme examinateur, y compris, si nécessaire, de l’infrastructure et de l’organisation des examens électroniques conformément au paragraphe 1.8.3.12.5, si ceux-ci doivent être effectués ;
    • mesures destinées à assurer l’impartialité des examens ;
    • indépendance de l’organisme par rapport à toute personne physique ou morale employant des conseillers.

 

1.8.3.11

L’examen a pour but de vérifier si les candidats possèdent le niveau de connaissances nécessaire pour exercer les tâches de conseiller à la sécurité prévues sous 1.8.3.3, afin d’obtenir le certificat prévu par le 1.8.3.7 et doit porter au moins sur les matières suivantes :

a) connaissance des types de conséquences pouvant être engendrées par un accident impliquant des marchandises dangereuses et la connaissance des principales causes d’accident ;

b) dispositions découlant de la législation nationale, de conventions et d’accords internationaux, concernant notamment :

    • la classification des marchandises dangereuses (procédure de classification des solutions et mélanges, structure de la liste des matières, classes de marchandises dangereuses et principes de leur classification, nature des marchandises dangereuses transportées, propriétés physico-chimiques et toxicologiques des marchandises dangereuses) ;
    • les dispositions générales pour les emballages, les citernes et les conteneurs-citernes (types, codification, marquage, construction, épreuves et inspections initiales et périodiques) ;
    • le marquage, l’étiquetage, le placardage et la signalisation orange (marquage et étiquetage des colis, apposition et enlèvement des plaques-étiquettes et de la signalisation orange) ;
    • les mentions dans le document de transport (renseignements exigés) ;
    • le mode d’envoi, les restrictions d’expédition (chargement complet, transport en vrac, transport en grands récipients pour vrac, transport en conteneurs, transport en citernes fixes ou démontables) ;
    • le transport de passagers ;
    • les interdictions et précautions de chargement en commun ;
    • la séparation des marchandises ;
    • la limitation des quantités transportées et les quantités exemptées ;
    • la manutention et l’arrimage (emballage, remplissage, chargement et déchargement – taux de remplissage, arrimage et séparation);
    • le nettoyage et/ou le dégazage avant emballage, remplissage, chargement et après déchargement ;
    • l’équipage et la formation professionnelle ;
    • les documents de bord (documents de transport, consignes écrites, certificat d’agrément du véhicule, certificat de formation pour les conducteurs, copie de toute dérogation, autres documents) ;
    • les consignes écrites (mise en application des consignes et équipement de protection de l’équipage) ;
    • les obligations de surveillance (stationnement); – les règles et restrictions de circulation;
    • les rejets opérationnels ou fuites accidentelles des matières polluantes ;
    • les prescriptions relatives au matériel de transport.

 

1.8.3.12 Examen

 1.8.3.12.1

L’examen consiste en une épreuve écrite qui peut être complétée par un examen oral.

 

1.8.3.12.2

L’autorité compétente ou un organisme examinateur désigné par elle doit surveiller tous les examens. Toute possibilité de manipulation ou de fraude doit être exclue autant que possible. L’authentification du candidat doit être assurée. L’utilisation pour l’épreuve écrite de documents autres que des règlements internationaux ou nationaux est interdite. Tous les documents d’examen doivent être enregistrés et conservés sous forme imprimée ou dans un fichier électronique.

 

1.8.3.12.3

Des dispositifs électroniques ne peuvent être utilisés que s’ils sont fournis par l’organisme examinateur. Le candidat ne pourra en aucun cas introduire des données supplémentaires dans le dispositif électronique ; il ne pourra que répondre aux questions posées.

 

1.8.3.12.4

L’épreuve écrite consiste en deux parties :

a) Un questionnaire est soumis au candidat. Il est composé, au minimum, de 20 questions ouvertes portant au moins sur les matières visées dans la liste figurant sous 1.8.3.11. Toutefois, il est possible d’utiliser des questions à choix multiples. Dans ce cas, deux questions à choix multiples comptent pour une question ouverte. Parmi ces matières, une attention particulière doit être accordée aux matières suivantes :

    • mesures générales de prévention et de sécurité ;
    • classification des marchandises dangereuses;
    • dispositions générales d’emballage, y compris les citernes, conteneurs-citernes, véhicules-citernes, etc.;
    • les marques, plaques-étiquettes et étiquettes de danger;
    • les mentions dans le document de transport;
    • la manutention et l’arrimage;
    • la formation professionnelle de l’équipage;
    • les documents de bord et certificats de transport;
    • les consignes écrites;
    • les prescriptions relatives au matériel de transport;

b) Les candidats réalisent une étude de cas en rapport avec les tâches du conseiller visées au 1.8.3.3 afin de démontrer qu’ils disposent des qualifications requises pour remplir la tâche de conseiller.

 

1.8.3.12.5

Les examens écrits peuvent être effectués, en tout ou partie, sous forme d’examens électroniques, les réponses enregistrées et évaluées à l’aide de techniques électroniques de traitement des données, pour autant que les conditions suivantes soient remplies :

a) Le matériel informatique et le logiciel doivent être vérifiés et acceptés par l’autorité compétente ou par un organisme examinateur désigné par elle ;

b) Le bon fonctionnement technique doit être assuré. Des dispositions doivent être prises en ce qui concerne les modalités de poursuite de l’examen en cas de dysfonctionnement des dispositifs et applications. Les périphériques de saisie ne doivent disposer d’aucun système d’assistance (comme par exemple une fonction de recherche électronique) ; l’équipement fourni conformément au 1.8.3.12.3 ne doit pas permettre aux candidats de communiquer avec tout autre appareil pendant l’examen ;

c) Les contributions finales de chaque candidat doivent être enregistrées. La détermination des résultats doit être transparente. 1.8.3.13 Les Parties contractantes peuvent disposer que les candidats qui entendent travailler pour des entreprises, spécialisées dans le transport de certains types de marchandises dangereuses ne soient questionnés que sur les matières liées à leur activité. Ces types de marchandises sont:

    • classe 1;
    • classe 2;
    • classe 7;
    • classes 3, 4.1, 4.2, 4.3, 5.1, 5.2, 6.1, 6.2, 8 et 9;
    • Nos ONU 1202, 1203, 1223, 3475, et le carburant aviation classé sous les Nos ONU 1268 ou 1863.

Le certificat prévu sous 1.8.3.7 doit clairement indiquer qu’il n’est valable que pour des types de marchandises dangereuses visés dans la présente sous-section et sur lesquels le conseiller a été questionné, dans les conditions définies au 1.8.3.12.

 

1.8.3.14

L’autorité compétente ou l’organisme examinateur établit au fur et à mesure un recueil des questions qui ont été incluses dans l’examen.

 

1.8.3.15

Le certificat prévu sous 1.8.3.7 est établi conformément au modèle figurant au 1.8.3.18 et est reconnu par toutes les Parties contractantes.

 

1.8.3.16 Durée de validité et renouvellement du certificat

 

1.8.3.16.1

Le certificat a une durée de validité de cinq ans. La validité du certificat est renouvelée pour des périodes de cinq ans si son titulaire a réussi un examen durant l’année précédant l’échéance de son certificat. L’examen doit être agréé par l’autorité compétente.

 

1.8.3.16.2

L’examen a pour but de vérifier si le titulaire possède les connaissances nécessaires pour exercer les tâches visées au 1.8.3.3. Les connaissances nécessaires sont définies au 1.8.3.11 b) et doivent inclure les modifications qui ont été apportées à la législation depuis l’obtention du dernier certificat. L’examen doit être organisé et supervisé selon les critères énoncés aux 1.8.3.10 et 1.8.3.12 à 1.8.3.14. Cependant, il n’est pas nécessaire que le titulaire réalise l’étude de cas mentionnée au 1.8.3.12.4 b).

 

1.8.3.17

(Supprimé)

 

1.8.3.18 Modèle de certificat

 

Certificat de formation pour les conseillers à la sécurité pour le transport de marchandises dangereuses

Certificat-de-formation-pour-les-conseillers-à-la-sécurité

 

1.8.3.19 Extension du certificat

Lorsqu’un conseiller étend le champ d’application de son certificat pendant sa durée de validité, en répondant aux prescriptions du 1.8.3.16.2, la durée de validité du nouveau certificat reste celle du certificat précédent.

Textes de références :



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