jeudi, juin 4, 2026

Convention relative au contrat de transport international de marchandises par route (CMR)

Art. 1

1. La présente Convention s’applique à tout contrat de transport de marchandises par route à titre onéreux au moyen de véhicules, lorsque le lieu de la prise en charge de la marchandise et le lieu prévu pour la livraison, tels qu’ils sont indiqués au contrat, sont situés dans deux pays différents dont l’un au moins est un pays contractant. Il en est ainsi quels que soient le domicile et la nationalité des parties.

2. Pour l’application de la présente Convention, il faut entendre par «véhicules» les automobiles, les véhicules articulés, les remorques et les semi-remorques, tels qu’ils sont définis par l’art. 4 de la Convention sur la circulation routière en date du 19 septembre 1949.

3. La présente Convention s’applique même si les transports rentrant dans son champ d’application sont effectués par des Etats ou par des institutions ou organisations gouvernementales.

4. La présente Convention ne s’applique pas:

a) aux transports effectués sous l’empire de conventions postales internationales;

b) aux transports funéraires;

c) aux transports de déménagement.

5. Les Parties contractantes s’interdisent d’apporter par voie d’accords particuliers conclus entre deux ou plusieurs d’entre elles toute modification à la présente Convention, sauf pour soustraire à son empire leur trafic frontalier ou pour autoriser dans les transports empruntant exclusivement leur territoire l’emploi de la lettre de voiture représentative de la marchandise.

 

Art. 2

  1. Si le véhicule contenant les marchandises est transporté par mer, chemin de fer, voie navigable intérieure ou air sur une partie du parcours, sans rupture de charge sauf, éventuellement, pour l’application des dispositions de l’art. 14, la présente Convention s’applique, néanmoins, pour l’ensemble du transport. Cependant, dans la mesure où il est prouvé qu’une perte, une avarie ou un retard à la livraison de la marchandise qui est survenu au cours du transport par l’un des modes de transport autre que la route n’a pas été causé par un acte ou une omission du transporteur routier et qu’il provient d’un fait qui n’a pu se produire qu’au cours et en raison du transport non routier, la responsabilité du transporteur routier est déterminée non par la présente Convention, mais de la façon dont la responsabilité du transporteur non routier eût été déterminée si un contrat de transport avait été conclu entre l’expéditeur et le transporteur non routier pour le seul transport de la marchandise conformément aux dispositions impératives de la loi concernant le transport de marchandises par le mode de transport autre que la route. Toutefois, en l’absence de telles dispositions, la responsabilité du transporteur par route sera déterminée par la présente Convention.
  2. Si le transporteur routier est en même temps le transporteur non routier, sa responsabilité est également déterminée par le par. 1 comme si sa fonction de transporteur routier et sa fonction de transporteur non routier étaient exercées par deux personnes différentes.

Chapitre II : Personnes dont répond le transporteur

Article 3

Pour l’application de la présente convention, le transporteur répond, comme de ses propres actes et omissions, des actes et omissions de ses préposés et de toutes autres, personnes aux services  desquelles  il recourt  pour  l’exécution  du  transport  lorsque ces préposés ou ces personnes agissent dans l’exercice de leurs fonctions.

Convention CMR et transport international de marchandises : application pratique pour les opérateurs marocains

La Convention CMR (Convention relative au Contrat de transport international de Marchandises par Route) est le cadre juridique international qui régit les droits et obligations de toutes les parties au transport routier international de marchandises — expéditeurs, transporteurs et destinataires. Adoptée à Genève en 1956 et ratifiée par le Maroc, elle constitue la référence incontournable pour tout opérateur marocain exportant, important ou transitant des marchandises par la route vers l’Europe ou d’autres pays signataires. Selon l’UNECE (Commission Economique des Nations Unies pour l’Europe), dépositaire de la Convention CMR et de ses protocoles additionnels, plus de 55 pays ont adhéré à la Convention — couvrant l’ensemble du continent européen, les pays du Maghreb, la Turquie et les pays du Proche-Orient. Pour les transporteurs et chargeurs marocains actifs sur les axes Maroc-Europe (particulièrement via Tanger Med vers l’Espagne, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas), la maîtrise de la CMR est une compétence professionnelle essentielle.

Convention CMR dans le contexte marocain :

  • Maroc et CMR — adhésion et pratique : le Maroc a adhéré à la Convention CMR, qui s’applique à tout transport routier de marchandises effectué entre deux pays dont l’un au moins est signataire. Les transporteurs marocains effectuant des opérations TIR (Transports Internationaux Routiers) vers l’Europe opèrent sous le régime CMR — la lettre de voiture CMR (document standard à 4 exemplaires) accompagne obligatoirement chaque chargement.
  • Tanger Med comme hub CMR : le complexe portuaire Tanger Med est le point de passage dominant pour les transports routiers Maroc-Europe. Les milliers de camions qui traversent chaque année ce corridor opèrent sous le régime CMR-TIR. La maîtrise des obligations documentaires CMR est donc cruciale pour les transporteurs marocains et leurs clients chargeurs.
  • Responsabilité du transporteur marocain : sous la CMR, le transporteur est responsable de plein droit des pertes, avaries et retards survenus pendant le transport, sauf cas de force majeure ou fautes du chargeur. Cette responsabilité stricte (sans nécessité de prouver une faute) est un point critique que les transporteurs marocains doivent intégrer dans leur gestion des risques et leur politique d’assurance.
  • Litiges et juridiction compétente : en cas de litige, la CMR détermine le tribunal compétent (pays de prise en charge, pays de livraison, ou pays de résidence du transporteur) et le droit applicable. Pour les transporteurs marocains, cette disposition peut conduire à des procédures devant des tribunaux étrangers — d’où l’importance d’une documentation rigoureuse et d’une assurance CMR adaptée.

FAQ : Convention CMR — Transport international de marchandises

Quelles sont les obligations documentaires de la CMR et comment remplir la lettre de voiture ?

Les obligations documentaires de la CMR sont précises et essentielles : (1) La lettre de voiture CMR — document central — la lettre de voiture CMR (LDV CMR) est le document contractuel fondamental du transport international routier. Elle est établie en 3 exemplaires originaux minimum (pour l’expéditeur, pour le transporteur, pour le destinataire) et peut être accompagnée d’exemplaires supplémentaires. Sa rédaction correcte est une obligation contractuelle — une LDV incomplète ou incorrecte peut fragiliser la position du transporteur en cas de litige. Les informations obligatoires incluent : noms et adresses des parties (expéditeur, transporteur, destinataire), lieu et date de prise en charge, lieu de livraison prévu, description des marchandises (nature, nombre de colis, marquages, numéros), masse brute ou quantité, frais afférents au transport, instructions pour le dédouanement et les formalités douanières ; (2) Réserves à la prise en charge — protection du transporteur — lors de la prise en charge des marchandises, le transporteur doit inspecter l’état apparent des marchandises et de leurs emballages. Si des dommages sont constatés ou si le transporteur a des raisons de douter de l’exactitude des mentions de la lettre de voiture (poids, nombre de colis), il doit inscrire des réserves motivées sur la lettre de voiture. L’absence de réserves constitue une présomption que les marchandises ont été reçues en bon état et conformément aux indications de la lettre de voiture — ce qui engage la responsabilité du transporteur pour tout dommage découvert à la livraison. Les transporteurs marocains doivent systématiser cette vérification et ne jamais signer une LDV sans mentionner les défauts constatés ; (3) Documents annexes à la lettre de voiture — outre la LDV CMR, plusieurs documents accompagnent le transport international : carnet TIR (pour le régime douanier de transit international), carnets ATA (pour les marchandises en admission temporaire), documents douaniers spécifiques (EUR.1 pour les marchandises bénéficiant des préférences tarifaires UE-Maroc), certificats sanitaires et phytosanitaires (pour les produits alimentaires et agricoles), certificats d’origine, listes de colisage et factures commerciales. La préparation de ces documents en amont du départ est une responsabilité partagée entre l’expéditeur et le transitaire — tout document manquant peut bloquer le chargement aux frontières ; (4) Lettre de voiture CMR électronique (eCMR) — le Protocole additionnel à la Convention CMR relatif à la lettre de voiture électronique (e-CMR), en vigueur depuis 2011, permet de remplacer la lettre de voiture papier par un équivalent électronique. L’e-CMR facilite le partage d’informations en temps réel entre les parties, réduit les erreurs de saisie et simplifie les procédures douanières pour les pays qui ont adopté ce protocole. Plusieurs pays européens (France, Pays-Bas, Espagne, Belgique — les principales destinations des exports marocains) ont ratifié le protocole e-CMR. Le Maroc est en cours d’adoption — les transporteurs marocains travaillant avec des donneurs d’ordre européens devraient se préparer à cette évolution ; (5) Conservation des documents CMR — les lettres de voiture CMR et les documents annexes doivent être conservés par toutes les parties pendant une durée suffisante pour couvrir les délais de prescription des actions en responsabilité prévus par la Convention (1 an en cas général, 3 ans en cas de dol ou faute assimilée). Pour les entreprises marocaines soumises aux contrôles fiscaux et douaniers, la conservation des documents de transport internationaux pendant 10 ans (durée légale marocaine de conservation des documents comptables) est recommandée.

Quelle est la responsabilité du transporteur sous la CMR et comment se protéger ?

La responsabilité CMR du transporteur est un régime strict avec des plafonds définis : (1) Principe de responsabilité de plein droit — sous la CMR, le transporteur est responsable de la perte totale ou partielle des marchandises et des avaries survenues entre la prise en charge et la livraison, ainsi que du retard à la livraison. Cette responsabilité est automatique — le demandeur n’a pas à prouver une faute du transporteur. C’est au transporteur de prouver que la cause du dommage est imputable à l’expéditeur, à un vice propre de la marchandise, aux circonstances inévitables qu’il n’a pu éviter. Cette inversion de la charge de la preuve est une caractéristique fondamentale du régime CMR que tout transporteur marocain doit connaître ; (2) Plafonnement de l’indemnisation — la CMR plafonne l’indemnité pour perte ou avarie à 8,33 DTS (Droits de Tirage Spéciaux) par kilogramme de masse brute manquante ou avariée. En 2025, 1 DTS vaut approximativement 1,35 USD — soit environ 11 USD/kg de plafond d’indemnisation. Ce plafond est souvent inférieur à la valeur réelle des marchandises (surtout pour les marchandises à haute valeur unitaire). Pour les marchandises de grande valeur, une déclaration de valeur (article 26 CMR) ou une déclaration d’intérêt spécial à la livraison (article 26 CMR) permettent de dépasser ce plafond moyennant une prime supplémentaire ; (3) Assurance CMR obligatoire et choisir la bonne couverture — l’assurance CMR (Responsabilité Civile Transporteur International) est indispensable pour couvrir la responsabilité du transporteur dans les limites et au-delà des limites CMR. Les compagnies d’assurance marocaines proposent des polices CMR adaptées. Points à vérifier dans le contrat : montant maximum garanti (doit couvrir les cargaisons les plus lourdes transportées), couverture des marchandises sensibles (électronique, tabac, alcool, médicaments — souvent exclus ou limités dans les polices standard), garantie de défense juridique en cas de litige à l’étranger, procédure de déclaration des sinistres et délais de réponse de l’assureur ; (4) Causes d’exonération de responsabilité — la CMR prévoit des causes d’exonération totale ou partielle de responsabilité pour le transporteur : faute de l’ayant droit (instructions erronées de l’expéditeur, emballage défectueux fourni par l’expéditeur), vice propre de la marchandise (pourriture d’un produit périssable, fermentation, etc.), circonstances inévitables (cas de force majeure : catastrophe naturelle, guerre, fermeture de frontière). Des causes d’exonération spéciales existent pour certaines catégories de transports (animaux vivants, marchandises à température contrôlée, véhicules sur leur propre roues). Ces exonérations sont interprétées strictement par les tribunaux — la documentation des circonstances est essentielle pour en bénéficier ; (5) Délai de prescription des actions CMR — les actions en justice découlant des transports soumis à la CMR se prescrivent par 1 an à compter de la livraison ou de la date prévue de livraison. Ce délai est porté à 3 ans en cas de dol ou faute équivalente au dol. Ces délais sont courts — les transporteurs marocains victimes d’impayés ou les chargeurs ayant subi des dommages doivent agir rapidement. La réclamation préalable écrite (réserves motivées formulées par écrit dans les délais prévus par la CMR) est un préalable obligatoire à toute action judiciaire.

Comment gérer les litiges de transport international sous la CMR ?

La gestion des litiges CMR nécessite une approche méthodique : (1) Constatation et réserves à la livraison — lors de la livraison des marchandises, le destinataire doit inspecter l’état des marchandises. En cas de dommage apparent, il doit formuler des réserves motivées par écrit au transporteur au moment de la livraison (ou au plus tard le jour suivant pour les dommages non apparents). Ces réserves sont la preuve de la contestation et le point de départ des délais de réclamation. Sans réserves, le destinataire présume avoir reçu les marchandises en bon état — ce qui éteint son droit à réclamation, sauf en cas de dommage non apparent constaté dans les 7 jours suivant la livraison ; (2) Constitution du dossier de litige — un dossier de litige CMR solide comprend : la lettre de voiture CMR avec les réserves inscrites, les photos des dommages prises immédiatement à la livraison (avant tout déplacement des marchandises), le rapport d’expertise contradictoire (un expert mandaté par le chargeur et contre-expertisé par l’assureur du transporteur), la facture commerciale de la marchandise (pour prouver la valeur), les documents d’emballage (pour prouver que l’emballage était conforme), la correspondance écrite avec le transporteur. La qualité et la rapidité de constitution de ce dossier conditionne l’issue du litige ; (3) Juridiction compétente et droit applicable — la CMR désigne plusieurs tribunaux potentiellement compétents en cas de litige : les juridictions du pays de prise en charge des marchandises, celles du pays de livraison, ou celles du pays d’établissement principal du transporteur. Pour les litiges entre opérateurs marocains et européens, cette pluralité de juridictions possibles est source de complexité — il est recommandé d’inclure une clause d’élection de for dans les contrats de transport pour fixer à l’avance le tribunal compétent, de préférence celui dont la législation est la mieux maîtrisée par les parties ; (4) Médiation et règlement amiable — avant d’engager une procédure judiciaire (coûteuse et longue), la médiation est une voie à privilégier. Des organisations professionnelles (IRU, associations nationales de transporteurs) proposent des services de médiation pour les litiges de transport international. Au Maroc, la Fédération Nationale du Transport (FNT) et l’AMDL peuvent faciliter des contacts avec des médiateurs spécialisés. Un règlement amiable rapide (même à un montant inférieur à la prétention initiale) est souvent préférable à une procédure judiciaire de 2 à 5 ans ; (5) Prévention des litiges par les bonnes pratiques documentaires — la majorité des litiges CMR aurait pu être évitée par une meilleure discipline documentaire. Les pratiques préventives : inspection systématique des marchandises et de leur emballage avant prise en charge, réserves inscrites sur la LDV en cas de doute (sans attendre une certitude absolue), photos systématiques des chargements avant et après, communication écrite tracée avec les chargeurs et destinataires en cas de problème. Ces habitudes, intégrées dans les procédures opérationnelles des transporteurs marocains, réduisent significativement l’exposition aux litiges coûteux.

Chapitre III : Conclusion et exécution du contrat de transport

Article 4

Le contrat de transport est constaté par une lettre de voiture. L’absence, l’irrégularité ou la perte de la lettre de voiture n’affectent ni l’existence ni la validité du contrat de transport qui reste soumis aux dispositions de la présente Convention.

 

Article 5

  1. La lettre de voiture est établie en trois exemplaires originaux signés par l’expéditeur et par le transporteur, ces signatures pouvant être imprimées ou remplacées par les timbres de l’expéditeur et du transporteur si la législation du pays où la lettre de voiture est établie le permet. Le premier exemplaire est remis à l’expéditeur, le deuxième accompagne la marchandise et le troisième est retenu par le transporteur.
  2. Lorsque la marchandise à transporter doit être chargée dans des véhicules différents, ou lorsqu’il s’agit de différentes espèces de marchandises ou de lots distincts, l’expéditeur ou le transporteur a le droit d’exiger l’établissement d’autant de lettres de voiture qu’il doit être utilisé de véhicules ou qu’il y a d’espèce ou de lots de marchandises

 

Article 6

1. La lettre de voiture doit contenir les indications suivantes :

a) le lieu et la date de son établissement ;
b) le nom et l’adresse de I’ expéditeur;
c) le nom et l’adresse du transporteur ;
d) le lieu et la date de prise en charge et le lieu prévu pour la livraison ;
e) le nom et l’adresse du destinataire ;
f) la dénomination courante de la nature de la marchandise et le mode d’emballage, et, pour les marchandises dangereuses, leur dénomination généralement reconnue;
g) le nombre des colis, leurs marques particulières et leurs numéros;
h) le poids brut ou la quantité autrement exprimée de la marchandise;
l) les frais afférents au transport (prix de transport, frais accessoires, droits de douane et autres frais survenant à partir de la conclusion du contrat jusqu’à la livraison);
j) les instructions requises pour les formalités de douane et autres; 
k) l’indication que le  transport est soumis, nonobstant toute clause contraire, au régime. établi par la présente Convention.

2. Le cas échéant, la lettre de voiture doit contenir, en outre. les indications suivantes :
a) l’interdiction de transbordement ;
b) les frais que l’expéditeur prend à sa charge;
c) le montant du remboursement à percevoir lors de la livraison de la marchandise;
d) la valeur déclarée de la marchandise et la somme représentant l’intérêt spécial à la livraison;
e) les instructions de l’expéditeur au transporteur en ce qui concerne l’assurance de la marchandise 
f) le délai convenu dans lequel le transport doit être  effectué ;
g) la liste des documents remis au transporteur.

3. Les parties peuvent porter sur la lettre de voiture toute autre indication qu’elles jugent utile.

 

Article 7

1. L’expéditeur répond de tous frais et dommages que supporterait le transporteur en raison de l’inexactitude ou de  l’ insuffisance :
a) des indications mentionnées à l’article 6, paragraphe l-b, d, e, f, g, h, et j,
b) des indications mentionnées à l’article 6, paragraphe 2 ;
c) de toutes autres indications ou instructions qu’il donne pour l’établissement de la lettre de voiture ou pour y être reportées.

2. Si, à la demande de l’expéditeur, le transporteur inscrit sur la lettre de voiture les mentions visées au paragraphe 1 du présent article, il est considéré, jusqu’à preuve du contraire, comme agissant pour le compte de l’expéditeur.

3. Si la lettre de voiture ne contient pas la mention prévue à l’article 6, paragraphe 1-k, le transporteur est responsable de tous frais et dommages que subirait l’ayant droit à la marchandise en raison de cette omission.

 

Article 8

1. Lors de la prise en charge de la marchandise, le transporteur est tenu de vérifier :
a) l’exactitude des mentions de la lettre de voiture relatives au nombre de colis, ainsi qu’à leurs marques et numéros;
b) L’état apparent de la marchandise et de son emballage.

2. Si le transporteur n’a pas de moyens raisonnables de vérifier l’exactitude des mentions visées au paragraphe 1-a du présent article, il inscrit sur la lettre de voiture des réserves qui doivent être motivées. Il doit de même motiver toutes les réserves qu’il fait au sujet de l’état apparent de la marchandise et de son emballage. Ces réserves n’engagent pas l’expéditeur, si celui-ci ne les a pas expressément acceptées sur la lettre de voiture. 

3. L’expéditeur a le droit d’exiger la vérification par le transporteur du poids brut ou de la quantité autrement exprimée de la marchandise. Il peut aussi exiger la vérification du contenu des colis. Le transporteur peut réclamer le paiement des frais de vérification. Le résultat des vérifications est consigné sur la lettre de voiture.

 

Article 9

  1. La lettre de voiture fait foi, jusqu’à preuve du contraire, des conditions du contrat et de la réception de la marchandise par le transporteur.
  2. En l’absence d’inscription sur la lettre de voiture de réserves motivées du transporteur, il y a présomption que la marchandise et son emballage étaient en bon état apparent au moment de la prise en charge par le transporteur et que le nombre des colis, ainsi que leurs marques et numéros, étaient conformes aux énonciations de la lettre de voiture.

 

Article 10

L’expéditeur est responsable envers le transporteur des dommages aux personnes, au matériel ou à d’autres marchandises ainsi que des frais, qui auraient pour origine la défectuosité de l’emballage de la marchandise, à moins que, la défectuosité étant apparente ou connue du transporteur au moment de la prise en charge, le transporteur n’ait pas fait de réserves à son sujet.

 

Article 11

  1. En vue de l’accomplissement des formalités de douane et autres à remplir avant la livraison de la marchandise, l’expéditeur doit joindre à la lettre de voiture ou mettre à la disposition du transporteur les documents nécessaires et lui fournir tous renseignements voulus.
  2. Le transporteur n’est pas tenu d’examiner si ces documents et renseignements sont exacts ou insuffisants. L’expéditeur est responsable envers le transporteur de tous dommages qui pourraient résulter de l’absence, de l’insuffisance ou de l’irrégularité de ces documents et renseignements, sauf en cas de faute du transporteur.
  3. Le transporteur est responsable au même titre qu’un commissionnaire des conséquences de la perte ou de l’utilisation inexacte des documents mentionnés sur la lettre de voiture et qui accompagnent celle-ci ou qui sont déposés entre ses mains toutefois, l’indemnité à sa charge ne dépassera pas celle qui serait due en cas de perte de la marchandise.

 

 Article 12

  1. L’expéditeur a le droit de disposer de la marchandise, notamment en demandant au transporteur d’en arrêter le transport, de modifier le lieu prévu pour la livraison ou de livrer la marchandise à un destinataire différent de celui indiqué sur la lettre de voiture.
  2. Ce droit s’éteint lorsque le deuxième exemplaire de la lettre de voiture est remis au destinataire ou que celui-ci fait valoir le droit prévu à l’article 13, paragraphe 1, à partir de ce moment, le transporteur doit se conformer aux ordres du destinataire. 
  3. Le droit de disposition appartient toutefois au destinataire dès l’établissement de la lettre de voiture si une mention dans ce sens est faite par l’expéditeur sur cette lettre.
  4. Si, en exerçant son droit de disposition, le destinataire ordonne de livrer la marchandise à une autre personne, celle-ci ne peut pas désigner d’autres destinataires.
  5. L’exercice du droit de disposition est subordonné aux conditions suivantes: 
    a) l’expéditeur ou, dans le cas visé au paragraphe 3 du présent article, le destinataire qui veut exercer ce droit doit présenter le premier exemplaire de la lettre de voiture, sur lequel doivent être inscrites les nouvelles instructions données au transporteur, et dédommager le transporteur des frais et du préjudice qu’entraîne l’exécution de ces instructions;
    b) cette exécution doit être possible au moment où les instructions parviennent â la personne qui doit les exécuter et elle ne doit ni entraver l’exploitation normale de l’entreprise du transporteur ni porter préjudice aux expéditeurs ou destinataires d’autres envois;
    c) les instructions ne doivent jamais avoir pour effet de diviser l’envoi
    6. Lorsque, en raison des dispositions prévues au paragraphe 5-b du présent article, le transporteur ne peut exécuter les instructions qu’il reçoit, il doit en aviser immédiatement la personne dont émanent ces instructions.
  6. Le transporteur qui n’aura pas exécuté les instructions données dans les conditions prévues au présent article ou qui se sera conformé à de telles instructions sans avoir exigé la présentation du premier exemplaire de la lettre de voiture sera responsable envers l’ayant droit du préjudice causé par ce fait.

 

Article 13

  1. Après l’arrivée de la marchandise au lieu prévu pour la livraison, le destinataire a le droit de demander que le deuxième exemplaire de la lettre de voiture lui soit remis et que la marchandise lui soit livrée, le tout contre décharge. Si la perte de la marchandise est établie, ou si la marchandise n’est pas arrivée à l’expiration du délai prévu à l’article 19, le destinataire est autorisé à faire valoir en son propre nom vis-à-vis du transporteur les droits qui résultent du contrat de transport
  2. Le destinataire qui se prévaut des droits qui lui sont accordés aux termes du paragraphe 1 du présent article est tenu de payer le montant des créances résultant de la lettre de voiture. En cas de contestation à ce sujet, le transporteur n’est obligé d’effectuer la livraison de la marchandise que si une caution lui est fournie par le destinataire.

 

Article 14

  1. Si, pour un motif quelconque, l’exécution du contrat dans les conditions prévues à la lettre de voiture est ou devient impossible avant l’arrivée de la marchandise au lieu prévu pour la livraison, le transporteur est tenu de demander des instructions à la personne qui a le droit de disposer de la marchandise conformément à l’article 12.
  2. Toutefois, si les circonstances permettent l’exécution du transport dans des conditions différentes de celles prévues à la lettre de voiture et si le transporteur n’a pu obtenir en temps utile les instructions de la personne qui a le droit de disposer de la marchandise conformément à l’article 12, il prend les mesures qui lui paraissent les meilleures dans l’intérêt de la personne ayant le droit de disposer de la marchandise.

 

 Article 15

  1. Lorsque, après l’arrivée de la marchandise au lieu de destination, il se présente des empêchements à la livraison, le transporteur demande des instructions à l’expéditeur. Si le destinataire refuse la marchandise, l’expéditeur a le droit de disposer de celle-ci sans avoir à produire le premier exemplaire de la lettre de voiture.
  2. Même s’il a refusé la marchandise, le destinataire peut toujours en demander la livraison tant que le transporteur n’a pas reçu d’instructions contraires de l’expéditeur.
    3. Si l’empêchement à la livraison se présente après que, conformément au droit qu’il détient en vertu de l’article 12, paragraphe 3, le destinataire a donné l’ordre de livrer la marchandise à une autre personne, le destinataire est substitué à l’expéditeur, et cette autre personne au destinataire, pour l’application des paragraphes 1 et 2 ci-dessus.

 

Article 16

  1. Le transporteur a droit au remboursement des frais que lui cause sa demande d’instructions, ou qu’entraîne pour lui l’exécution des instructions reçues, à moins que ces frais ne soient la conséquence de sa faute.
  2. Dans les cas visés à l’article 14,  paragraphe 1 et à l’article 15, le transporteur peut décharger immédiatement la marchandise pour le compte de l’ayant droit ; après ce déchargement, le transport est réputé terminé. Le transporteur assume alors la garde de la marchandise. Il peut toutefois confier la marchandise à un tiers et n’est alors responsable que du choix judicieux de ce tiers. La marchandise reste grevée des créances résultant de la lettre de voiture et de tous autres frais.
  3. Le transporteur peut faire procéder à la vente de la marchandise sans attendre d’instructions de l’ayant droit lorsque la nature périssable ou l’état de la marchandise le justifie ou lorsque les frais de garde sont hors de proportion avec la valeur de la marchandise. Dans les autres cas, il peut également faire procéder à la vente lorsque, dans un délai raisonnable, il n’a pas reçu de l’ayant droit d’instructions contraires dont l’exécution puisse équitablement être exigée.
  4. Si la marchandise a été vendue en application du présent article, le produit de la vente doit être mis à la disposition de l’ayant droit, déduction faite des frais grevant la marchandise. Si ces frais sont supérieurs au produit de la vente, le transporteur a droit à la différence.
  5. La façon de procéder en cas de vente est déterminée par la loi ou les usages du lieu où se trouve la marchandise.

Chapitre IV : Responsabilité du transporteur

Article 17

1. Le transporteur est responsable de la perte totale ou partielle, ou de l’avarie, qui se produit entre le moment de la prise en charge de la marchandise et celui de la livraison, ainsi que du retard à la livraison.

2. Le transporteur est déchargé de cette responsabilité si la perte, l’avarie ou le retard a eu pour cause une faute de l’ayant droit, un ordre de celui-ci ne résultant pas d’une faute du transporteur, un vice propre de la marchandise, ou des circonstances que le transporteur ne pouvait pas éviter et aux conséquences desquelles il ne pouvait pas obvier.

3. Le transporteur ne peut exciper, pour se décharger de sa responsabilité, ni des défectuosités du véhicule dont il se sert pour effectuer le transport ni de fautes de la personne, dont il aurait loué le véhicule ou des préposés de celle-ci.

4. Compte tenu de l’article 18, paragraphes 2 à 5, le transporteur est déchargé de sa responsabilité lorsque la perte ou l’avarie résulte des risques particuliers inhérents à l’un des faits suivants ou à plusieurs d’entre eux:
a) emploi de véhicules ouverts et non bâchés, lorsque cet emploi a été convenu d’une manière expresse et mentionné dans la lettre de voiture;
b) absence ou défectuosité de l’emballage pour les marchandises exposées par leur nature à des déchets ou avaries quand elles ne sont pas emballées ou sont mal emballées;
c) manutention, chargement, arrimage ou déchargement de la marchandise par l’expéditeur ou le destinataire ou des personnes agissant pour le compte de l’expéditeur ou du destinataire;
d) nature de certaines marchandises exposées, par des causes inhérentes à cette nature même, soit à perte totale ou partielle, soit à avarie, notamment par bris, rouille, détérioration interne et spontanée, dessiccation, coulage, déchet normal ou action de la vermine et des rongeurs;
e) insuffisance ou imperfection des marques ou des numéros de colis;
f) transport d’animaux vivants.

5. Si, en vertu du présent article, le transporteur ne répond pas de certains des facteurs qui ont causé le dommage, sa responsabilité n’est engagée que dans la proportion où les facteurs dont il répond en vertu du présent article ont contribué au dommage.

 

Article 18

  1. La preuve que la perte, l’avarie ou le retard a eu pour cause un des faits prévus à l’article 17, paragraphe 2, incombe au transporteur.
  2. Lorsque le transporteur établit que, eu égard aux circonstances de fait, la perte ou l’avarie a pu résulter d’un ou de plusieurs des risques particuliers prévus à l’article 17 paragraphe 4, il y a présomption qu’elle en résulte. L’ayant droit peut toutefois faire la preuve que le dommage n’a pas eu l’un de ces risques pour cause totale ou partielle.
  3. La présomption visée ci-dessus n’est pas applicable dans le cas prévu à l’article 17, paragraphe 4-a, s’il y a manquant d’une importance anormale ou perte de colis.
  4. Si le transport est effectué au moyen d’un véhicule aménagé en vue de soustraire les marchandises à l’influence de la chaleur, du froid, des variations de température ou de l’humidité de l’air, le transporteur ne peut invoquer le bénéfice de l’article 17, paragraphe 4-d, que s’il fournit la preuve que toutes les mesures lui incombant, compte tenu des circonstances, ont été prises en ce qui concerne le choix, l’entretien et l’emploi de ces aménagements et qu’il s’est conformé aux instructions spéciales qui ont pu lui être données.
  5. Le transporteur ne peut invoquer le bénéfice de l’article 17, paragraphe 4-J que s’il fournit la preuve que toutes les mesures lui incombant normalement, compte tenu des circonstances, ont été prises et qu’il s’est conformé aux instructions spéciales qui ont pu lui être données.

 

Article 19

Il y a retard à la livraison lorsque la marchandise n’a pas été livrée dans le délai convenu ou, s’il n’a pas été convenu de délai, lorsque la durée effective du transport dépasse, compte tenu des circonstances et, notamment, dans le cas d’un chargement partiel, du temps voulu pour assembler un chargement complet dans des conditions normales, le temps qu’il est raisonnable d’allouer à des transporteurs diligents.

 

Article 20

  1. . L’ayant droit peut, sans avoir à fournir d’autres preuves, considérer la marchandise comme perdue quand elle n’a pas été livrée dans les trente jours qui suivent l’expiration du délai convenu ou, s’il n’a pas été convenu de délai, dans les soixante jours qui suivent la prise en charge de la marchandise par le transporteur.
  2. L’ayant droit peut, en recevant le paiement de l’indemnité pour la marchandise perdue, demander, par écrit, à être avisé immédiatement dans le cas où la marchandise serait retrouvée au cours de l’année qui suivra le paiement de l’indemnité. Il lui est donné par écrit acte de cette demande.
  3. Dans les trente jours qui suivent la réception de cet avis, l’ayant droit peut exiger que la marchandise lui soit livrée contre paiement des créances résultant de la lettre de voiture et contre restitution de l’indemnité qu’il a reçue, déduction faite éventuellement des frais qui auraient été compris dans cette indemnité, et sous réserve de tous droits à l’indemnité pour retard à la livraison prévue à l’article 23 et, s’il y a lieu, à l’article 26.
  4. A défaut soit de la demande prévue au paragraphe 2, soit d’instructions données dans le délai de trente jours prévus au paragraphe 3, ou encore si la marchandise n’a été retrouvée que plus d’un an après le paiement de l’indemnité, le transporteur en dispose conformément à la loi du lieu où se trouve la marchandise.

 

Article 21

Si la marchandise est livrée au destinataire sans encaissement du remboursement qui aurait dû être perçu par le transporteur en vertu des dispositions du contrat de transport, le transporteur est tenu d’indemniser l’expéditeur à concurrence du montant du remboursement, sauf son recours contre le destinataire.
 

Article 22

  1. Si l’expéditeur remet au transporteur des marchandises dangereuses, il lui signale la nature exacte du danger qu’elles présentent et lui indique éventuellement les précautions à prendre. Au cas où cet avis n’a pas été consigné sur la lettre de voiture, il appartient à l’expéditeur ou au destinataire de faire la preuve, par tous autres moyens, que le transporteur a eu connaissance de la nature exacte du danger que présentait le transport desdites marchandises.
  2. Les marchandises dangereuses qui n’auraient pas été connues comme telles par le transporteur dans les conditions prévues au paragraphe 1 du présent article, peuvent à tout moment et en tout lieu être déchargées, détruites ou rendues inoffensives par le transporteur, et ce, sans aucune indemnité l’expéditeur est en outre responsable de tous frais et dommages résultant de leur remise au transport ou de leur transport,

 

Article 23

  1. Quand, en vertu des dispositions de la présente Convention, une indemnité pour perte totale ou partielle de la marchandise est mise à la charge du transporteur, cette indemnité est calculée d’après la valeur de la marchandise au lieu et à l’époque de la prise en charge.
  2. La valeur de la marchandise est déterminée d’après le cours en bourse ou, à défaut, d’après le prix courant sur le marché ou, à défaut de l’un et de l’autre, d’après la valeur usuelle des marchandises de même nature et qualité.
  3. Toutefois, l’indemnité ne peut dépasser 8,33 unités de compte par kilogramme du poids brut manquant.
  4. Sont en outre remboursés le prix du transport, les droits de douane et les autres frais encourus à l’occasion du transport de la marchandise, en totalité en cas de perte totale, et au prorata en cas de perte partielle ; d’autres dommages-intérêts ne sont pas dus. 
  5. En cas de retard, si l’ayant droit prouvé qu’un préjudice en est résulté, le transporteur est tenu de payer pour ce préjudice une indemnité qui ne peut pas dépasser le prix du transport.
  6. Des indemnités plus élevées ne peuvent être réclamées qu’en cas de déclaration de la valeur de la marchandise ou de déclaration d’intérêt spécial à la livraison, conformément aux articles 24 et 26.
  7. L’unité de compte mentionnée dans la présente Convention est le droit de tirage spécial tel que défini par le Fonds monétaire international. Le montant visé au paragraphe 3 du présent article est converti dans la monnaie nationale de l’Etat dont relève le tribunal saisi du litige sur la base de la valeur de cette monnaie à la date du jugement ou à la date adoptée d’un commun accord par les parties. La valeur, en droit de tirage spécial, de la monnaie nationale d’un Etat qui est membre du Fonds monétaire international, est calculée selon la méthode d’évaluation appliquée par le Fonds monétaire international à la date en question pour ses propres opérations et transactions. La valeur, en droit de tirage spécial, de la monnaie nationale d’un Etat qui n’est pas membre du Fonds monétaire international, est calculée de la façon déterminée par cet Etat.
  8. Toutefois, un Etat qui n’est pas membre du Fonds monétaire international et dont la législation ne permet pas d’appliquer les dispositions du paragraphe 7 du présent article peut, au moment de la ratification du Protocole a la C.M.R. ou de l’adhésion à celui-ci, ou à tout moment ultérieur, déclarer que la limite de la responsabilité prévue au paragraphe 3 du présent article et applicable sur son territoire est fixée à vingt-cinq unités monétaires. L’unité monétaire dont il est question dans le présent paragraphe correspond à dix trente et unièmes de gramme d’or au titre de 900 millièmes de fin. La conversion en monnaie nationale du montant indiqué dans le présent paragraphe s’effectue conformément à la législation de l’Etat concerné.
  9. Le calcul mentionne à la dernière phrase du paragraphe 7 et la conversion mentionnée au paragraphe 8 du présent article doivent être faits de façon à exprimer en monnaie nationale de l’Etat la même valeur réelle, dans la mesure du possible, que celle exprimée en unités de compte au paragraphe 3 du présent article Lors du dépôt d’un instrument visé à l’article 3 du Protocole à la C.M.R et chaque fois qu’un changement se produit dans leur méthode de calcul ou dans la valeur de leur monnaie nationale par rapport à l’unité de compte ou à l’unité monétaire, les Etats communiquent au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies leur méthode de calcul conformément au paragraphe 7, ou les résultats de la conversion conformément au paragraphe 8 du présent article, selon le cas.

 

Article 24

L’expéditeur peut déclarer dans la lettre de voiture, contre paiement d’un supplément de prix à convenir, une valeur de la marchandise excédant la limite mentionnée au paragraphe 3 de l’article 23 et, dans ce cas, le montant déclaré se substitue à cette limite.

 

Article 25

  1. En cas d’avarie, le transporteur paie le montant de la dépréciation calculée d’après la valeur de la marchandise fixée conformément à l’article 23, paragraphes 1, 2 et 4.
  2. Toutefois, l’indemnité ne peut dépasser :
    a) si la totalité de l’expédition est dépréciée par l’avarie, le chiffre qu’elle aurait atteint en cas de perte totale ;
    b) si une partie seulement de l’expédition est dépréciée par l’avarie, le chiffre qu’elle aurait atteint en cas de perte de la partie dépréciée.

 

Article 26

  1. L’expéditeur peut fixer, en l’inscrivant à la lettre de voiture, et contre paiement d’un supplément de prix à convenir, le montant d’un intérêt spécial à la livraison, pour le cas de perte ou d’avarie et pour celui de dépassement du délai convenu.
  2. S’il y a eu déclaration d’intérêt spécial à la livraison, il peut être réclamé, indépendamment des indemnités prévues aux articles 23, 24 et 25, et à concurrence du montant de l’intérêt déclaré, une indemnité égaie au dommage supplémentaire dont la preuve est apportée.

 

Article 27

  1. L’ayant droit peut demander les intérêts de l’indemnité. Ces intérêts, calculés à raison de 5 % l’an, courent du jour de la réclamation adressée par écrit au transporteur ou, s’il n’y a pas eu de réclamation, du jour de la demande en Justice.
  2. Lorsque les éléments qui servent de base au calcul de l’indemnité ne sont pas exprimés dans la monnaie du pays où le paiement est réclamé, la conversion est faite d’après le cours du Jour et du lieu du paiement de l’indemnité.

 

Article 28

  1. Lorsque, d’après la loi applicable, à la perte, l’avarie ou le retard survenu au cours d’un transport soumis à la présente Convention peut donner lieu à une réclamation extracontractuelle, le transporteur peut se prévaloir des dispositions de la présente Convention qui excluent sa responsabilité ou qui déterminent ou limitent les indemnités dues.
  2. Lorsque la responsabilité extracontractuelle pour perte, avarie ou retard d’une des personnes dont le transporteur répond aux termes de l’article 3 est mise en cause, cette personne peut également se prévaloir des dispositions de la présente Convention qui excluent la responsabilité du transporteur ou qui déterminent ou limitent les indemnités dues.

 

Article 29

  1. Le transporteur n’a pas le droit de se prévaloir des dispositions du présent chapitre qui excluent ou limitent sa responsabilité ou qui renversent le fardeau de la preuve, si le dommage provient de son dol ou d’une faute qui lui est imputable et qui, d’après la loi de la juridiction saisie, est considérée comme équivalente au dol.
  2. Il en est de même si le dol ou la faute est le fait des préposés du transporteur ou de toutes autres personnes aux services desquelles il recourt pour l’exécution du transport lorsque ces préposés ou ces autres personnes agissent dans l’exercice de leurs fonctions. Dans ce cas, ces préposés ou ces autres personnes n’ont pas davantage le droit de se prévaloir, en ce qui concerne leur responsabilité personnelle, des dispositions du présent chapitre visées au paragraphe 1.

Chapitre V : Réclamations et actions

Article 30

  1. Si le destinataire a pris livraison de la marchandise sans qu’il en ait constaté l’état contradictoirement avec le  transporteur ou sans qu’il ait, au plus tard au moment de la livraison s’il s’agit de pertes ou avaries apparentes, ou dans  les sept jours à dater de la livraison, dimanche et jours fériés non compris, lorsqu’il s’agit de pertes ou avaries non apparentes, adressé des réserves au transporteur indiquant  la nature générale de la perte ou de l’avarie, il est présumé, jusqu’à preuve contraire, avoir reçu la marchandise dans l’état décrit dans la lettre de voiture. Les réserves visées ci-dessus doivent être faites par écrit lorsqu’il s’agit de pertes ou avaries non apparentes.
  2. Lorsque l’état de la marchandise a été constaté contradictoirement par le destinataire et le transporteur, la preuve contraire au résultat de cette constatation ne peut être faite que s’il s’agit de pertes ou avaries non apparentes et si le destinataire a adressé des réserves écrites au transporteur dans les sept jours, dimanche et jours fériés non compris, à dater de cette constatation.
  3. Un retard à la livraison ne peut donner lieu à indemnité que si une réserve a été adressée par écrit dans le délai de vingt et un jours à dater de la mise de la marchandise à la disposition du destinataire.
  4. La date de livraison ou, selon le cas, celle de la constatation ou celle de la mise à disposition n’est pas comptée dans les délais prévus au présent article.
  5. Le transporteur et le destinataire se donnent réciproquement toutes facilités raisonnables pour les constatations et vérifications utiles. 

 

Article 31


1. Pour tous litiges auxquels donnent lieu les transports soumis à la présente Convention, le demandeur peut saisir, en dehors des juridictions des pays contractants désignées d’un commun accord par les parties, les juridictions du pays sur le territoire duquel :
a) le défendeur a sa résidence habituelle, son siège principal ou la succursale ou l’agence par l’intermédiaire de laquelle le contrat de transport a été conclu, ou
b) le lieu de la prise en charge de la marchandise ou celui prévu pour la livraison est situé, et ne peut saisir que ces juridictions.

2. Lorsque dans un litige visé au paragraphe 1 du présent article une action est en instance devant une juridiction compétente aux termes de ce paragraphe, ou lorsque dans un tel litige un jugement a été prononcé par une telle juridiction, il ne peut être intenté aucune nouvelle action pour la même cause entre les mêmes parties à moins que la décision de la juridiction devant laquelle la première action a été intentée ne soit pas susceptible d’être exécutée dans le pays où la nouvelle action est intentée.

3. Lorsque dans un litige visé au paragraphe 1 du présent article un jugement rendu par une juridiction d’un pays contractant est devenu exécutoire dans ce pays, il devient également exécutoire dans chacun des autres pays contractants aussitôt après accomplissement des formalités prescrites à cet effet dans le pays intéressé. Ces formalités ne peuvent comporter aucune révision de l’affaire.

4. Les dispositions du paragraphe 3 du présent article s’appliquent aux jugements contradictoires, aux jugements par défaut et aux transactions judiciaires mais ne s’appliquent ni aux jugements qui ne sont exécutoires que par provision, ni aux condamnations en dommages et intérêts qui seraient prononcés en sus des dépens contre un demandeur en raison du rejet total ou partiel de sa demande.

5. Il ne peut être exigé de caution de ressortissants de pays contractants, ayant leur domicile ou un établissement dans un de ces pays, pour assurer le paiement des dépens à l’occasion des actions en justice auxquelles donnent lieu les transports soumis à la présente Convention.

 

Article 32


1. Les actions auxquelles peuvent donner lieu les transports soumis à la présente Convention sont prescrites dans le délai d’un an. Toutefois, dans le cas de dol ou de faute considérée, d’après la loi de la juridiction saisie, comme équivalente au dol, la prescription est de trois ans. La prescription court :
a ) dans le cas de perte partielle, d’avarie ou de retard, à partir du jour où la marchandise a été livrée;
b) dans le cas de perte totale, à partir du trentième jour après l’expiration du délai convenu ou, s’il n’a pas été convenu de délai, à partir du soixantième jour après la prise en charge de la marchandise par le transporteur ; 
c) dans tous les autres cas, à partir de l’expiration d’un délai de trois  mois à dater de la conclusion du contrat de transport. Le jour indiqué ci-dessus comme point de départ de la prescription n’est pas compris dans le délai.

2. Une réclamation écrite suspend la prescription jusqu’au jour où le transporteur repousse la réclamation par écrit et restitue les pièces qui y étaient jointes. En cas d’acceptation partielle de la réclamation, la prescription ne reprend son cours que pour la partie de la réclamation qui reste litigieuse. La preuve de la réception de la réclamation ou de la réponse et de la restitution des pièces est à la charge de la partie qui invoque ce fait. Les réclamations ultérieures ayant le même objet ne suspendent pas la prescription.

3. Sous réserve des dispositions du paragraphe 2 ci-dessus, la suspension de la prescription est régie par la loi de la juridiction saisie. Il en est de même en ce qui concerne l’interruption de la prescription. 

4. L’action prescrite ne peut plus être exercée, même sous forme de demande reconventionnelle ou d’exception.

 

Article 33

Le contrat de transport peut contenir une clause attribuant compétence à un tribunal arbitral à condition que cette clause prévoie que le tribunal arbitral appliquera la présente Convention.

Chapitre VI : Dispositions relatives au transport effectué par transporteurs successifs

Article 34

Si un transport régi par un contrat unique est exécuté par des transporteurs routiers successifs, chacun de ceux-ci assume la responsabilité de l’exécution du transport total, le second transporteur et chacun des transporteurs suivants devenant, de par leur acceptation de la marchandise et de la lettre de voiture, partie au contrat, aux conditions de la lettre de voiture.
 

Article 35

  1. Le transporteur qui accepte la marchandise du transporteur précédent remet à celui-ci un reçu daté et signé. Il doit porter son nom et son adresse sur le deuxième exemplaire de la lettre de voiture. S’il y a lieu, il appose sur cet exemplaire, ainsi que sur le reçu, des réserves analogues à celles qui sont prévues à l’article 8, paragraphe 2.
  2. Les dispositions de l’article 9 s’appliquent aux relations entre transporteurs successifs.

 

Article 36

A moins qu’il ne s’agisse d’une demande reconventionnelle ou d’une exception formulée dans une instance relative à une demande fondée sur le même contrat de transport, l’action en responsabilité pour perte, avarie ou retard ne peut être dirigée que contre le premier transporteur, le dernier transporteur, ou le transporteur qui exécutait la partie du transport au cours de laquelle s’est produit le fait ayant causé la perte, l’avarie ou le retard ; l’action peut être dirigée à la fois contre plusieurs de ces transporteurs.
 

Article 37

Le transporteur qui a payé une indemnité en vertu des dispositions de la présente Convention a le droit d’exercer un recours en principal, intérêts et frais contre les transporteurs qui ont participé à l’exécution du contrat de transport, conformément aux dispositions suivantes : 
a) le transporteur par le fait duquel le dommage a été causé doit seul supporter l’indemnité, qu’il l’ait payée lui-même ou qu’elle ait été payée par un autre transporteur,
b) lorsque le dommage a été causé par le fait de deux ou plusieurs transporteurs, chacun d’eux doit payer un montant proportionnel à sa part de responsabilité; si l’évaluation des parts de responsabilité est impossible, chacun d’eux est responsable proportionnellement à la part de rémunération du transport qui lui revient;
c) si l’on ne peut déterminer quels sont ceux des transporteurs auxquels la responsabilité est imputable, la charge de l’indemnité due est répartie, dans la proportion fixée en b, entre tous les transporteurs.
 

Article 38

Si l’un des transporteurs est insolvable, la part lui incombant et qu’il n’a pas payée est répartie entre tous les autres transporteurs proportionnellement à leur rémunération
 

Article 39

  1. Le transporteur contre lequel est exercé un des recours prévus aux articles 37 et 38 n’est pas recevable à contester le bien fondé du paiement effectué par le transporteur exerçant le recours, lorsque l’indemnité a été fixée par décision de Justice, pourvu qu’il ait été dûment informé du procès et qu’il ait été à même d’y intervenir.
  2. Le transporteur qui veut exercer son recours peut le former devant le tribunal compétent du pays dans lequel l’un des transporteurs intéressés a sa résidence habituelle son siège principal ou la succursale ou l’agence par l’entremise de laquelle le contrat de transport a été conclu. Le recours peut être dirigé dans une seule et même instance contre tous les transporteurs intéressés.
  3. Les dispositions de l’article 31, paragraphes 3 et 4 s’appliquent aux jugements rendus sur les recours prévus aux articles 37 et 38.
  4. Les dispositions de l’article 32 sont applicables aux recours entre transporteurs. La prescription court, toutefois soit à partir du jour d’une décision de justice définitive fixant l’indemnité à payer en vertu des dispositions de la présente Convention, soit, au cas où il n’y aurait pas eu de telle décision, à partir du jour du paiement effectif.

 

Article 40

Les transporteurs sont libres de convenir entre eux de dispositions dérogeant aux articles 37 et 38.

Chapitre VII : Nullité des stipulations contraires à la Convention

Article 41

  1.  Sous réserve des dispositions de l’article 40, est nulle et de nul effet toute stipulation qui, directement ou indirectement, dérogerait aux dispositions de la présente Convention. La nullité de telles stipulations n’entraîne pas la nullité des autres dispositions du contrat.
  2. En particulier, seraient nulles toute clause par laquelle le transporteur se ferait céder le bénéfice de I’ assurance de la marchandise ou toute autre clause analogue, ainsi que toute clause déplaçant le fardeau de la preuve.

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