06 juillet 2022
Royal Air Maroc poursuit la démarche d’innovation entamée depuis 2017 en vue d’offrir la meilleure expérience client possible. C’est dans ce cadre, et en partenariat avec l’Université Mohammed VI Polytechnique de Ben Guérir (UM6P), que la compagnie a lancé le programme « RAM Digital Open Innovation » avec pour objectif de développer des produits et services innovants à l’intention des clients et des collaborateurs de la compagnie.
Cette approche originale « d’Innovation Ouverte » s’appuie sur une collaboration étroite entre des étudiants, des chercheurs, des startups et des équipes de la RAM, appuyés par la communauté internationale de la recherche et de l’innovation autour de réels challenges de transformation proposés à la compagnie pour améliorer l’Expérience Client.
Le programme est entré dans une phase avancée le week-end dernier à Marrakech avec la sélection des finalistes lors de l’étape dite « Demo Day ». Sur les 18 projets ayant participé, du 26 juin au 02 juillet dans la ville Ocre, à des sessions d’encadrement en « Bootcamp », une dizaine de projets a été primée et sélectionnée sur la base de leur contribution au développement de la compagnie et à sa transformation digitale (sept projets de startups, deux projets de collaborateurs RAM et un projet d’étudiants de l’UM6P).
Le processus avait été entamé en avril au siège de l’UM6P à Ben Guérir à travers un grand forum « kick-off » où le programme, ses objectifs et ses challenges ont été présentés aux étudiants et chercheurs de cette école ainsi qu’à des collaborateurs de RAM.
Cette étape a été suivie en mai par une série de rencontres avec l’écosystème mondial des stratups à travers trois continents. L’équipe en charge du « RAM Digital open innovation » s’est rendue dans la Silicon Valley aux Etats Unis, puis à Singapour (centre d’innovation de l’Asie du Sud Est), et enfin à Genève qui abrite le centre européen de l’Association du Transport Aérien International (IATA).
A l’issue de ce « Road show », plus de 300 candidatures ont été déposées pour participer au programme avec des pitchs de projets. Parmi ces candidatures, quelque 200 ont été proposées par des startups venus de plus de 40 pays et de cinq continents; et 100 par des étudiants et chercheurs marocains ainsi que des collaborateurs de Royal Air Maroc.
Désormais, et après la sélection d’une dizaine de projets le week-end dernier, le programme « RAM Digital Open Innovation » entrera, à partir du deuxième semestre 2022, dans la phase de réalisation opérationnelle avec l’objectif de mise en œuvre de solutions concrètes.
A travers ce dispositif, Royal Air Maroc innove une fois encore et démontre ses capacités transformationnelles, répondant aux enjeux de mutation de l’industrie. Ce capital d’innovation pourra également être mis au service des compagnies partenaires de l’alliance Oneworld à laquelle adhère Royal Air Maroc, ainsi qu’à tout l’écosystème digital de notre pays.
Innovation dans l’aviation marocaine : Royal Air Maroc et la transformation numérique du transport aérien
Le partenariat entre Royal Air Maroc (RAM) et l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) dans le cadre d’une démarche d’open innovation illustre la transformation profonde que traverse le secteur du transport aérien mondial — un secteur qui, après la disruption de la pandémie de COVID-19, accélère sa digitalisation pour améliorer l’expérience passager, optimiser ses opérations et réduire son empreinte environnementale. Selon l’IATA (Association du Transport Aérien International), l’organisation mondiale qui représente 300 compagnies aériennes couvrant 83 % du trafic aérien mondial, la transformation numérique est la priorité stratégique numéro un des compagnies aériennes pour la décennie 2020-2030 — les compagnies qui investissent massivement dans le digital réduisent leurs coûts opérationnels de 15 à 25 % et améliorent leur NPS (Net Promoter Score) passager de 20 à 30 points. Pour RAM, acteur de référence du transport aérien africain et hub stratégique entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne, l’open innovation avec l’UM6P représente un levier d’accès à des technologies de rupture sans les délais et les coûts d’une R&D interne traditionnelle.
Innovation aéronautique dans le contexte marocain :
- Royal Air Maroc — positionnement stratégique : RAM est l’une des premières compagnies aériennes africaines par le nombre de destinations desservies (plus de 100 destinations sur 5 continents), avec un hub majeur à l’aéroport Mohammed V de Casablanca. Membre de l’alliance oneworld depuis 2020, RAM a consolidé son positionnement comme compagnie de référence pour les voyages entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne. Sa démarche d’innovation continue — initiée en 2017 — vise à maintenir sa compétitivité face aux low-cost (Ryanair, EasyJet sur les routes européennes) et aux compagnies du Golfe (Emirates, Qatar Airways) sur les longues distances.
- UM6P — écosystème d’innovation africain : l’Université Mohammed VI Polytechnique de Ben Guérir est une institution universitaire atypique — fondée par le groupe OCP, elle combine formation académique d’excellence et recherche appliquée avec un focus sur les défis du développement africain. Son écosystème d’innovation (incubateurs, partenariats avec des corporates, accès à des startups africaines et mondiales) en fait un partenaire idéal pour des programmes d’open innovation comme celui de RAM. La proximité de Ben Guérir avec Marrakech (hub touristique) et Casablanca (hub économique) renforce l’ancrage territorial de l’initiative.
- Open innovation — modèle d’accélération technologique : l’open innovation consiste pour une grande entreprise à s’ouvrir à des idées, technologies et talents extérieurs (startups, universités, freelances) pour compléter ou accélérer sa propre capacité d’innovation. Pour une compagnie aérienne comme RAM, l’open innovation permet d’explorer rapidement des technologies comme l’intelligence artificielle appliquée au yield management, les chatbots multilingues pour le service client, l’analyse prédictive des retards de vols, ou les solutions de réalité augmentée pour la maintenance aéronautique — sans avoir à recruter massivement des data scientists et des ingénieurs en interne.
- Enjeux de la transformation numérique pour RAM : les principaux chantiers de transformation numérique de RAM couvrent l’expérience passager (application mobile, enregistrement en ligne, personnalisation des offres), l’optimisation des opérations (intelligence artificielle pour la gestion des vols irréguliers, optimisation du carburant, maintenance prédictive), la distribution (réduction de la dépendance aux GDS — Global Distribution Systems — au profit des canaux directs) et la gestion des données (data lake unifiant les données passagers, opérationnelles et financières).
FAQ : Innovation et transport aérien au Maroc
Comment les nouvelles technologies transforment-elles l’expérience des passagers aériens ?
Les technologies qui transforment l’expérience passager dans l’aviation : (1) Intelligence artificielle et personnalisation — les algorithmes d’IA analysent les historiques de voyage, les préférences et les comportements des passagers pour proposer des offres personnalisées (siège préféré, repas adapté, destinations correspondant aux habitudes de voyage) et anticiper leurs besoins. Pour RAM, la personnalisation est un levier de fidélisation essentiel — un passager qui se sent reconnu et dont les préférences sont mémorisées est plus susceptible de choisir la compagnie pour ses voyages suivants. Les solutions de CRM (Customer Relationship Management) alimentées par l’IA permettent de gérer cette personnalisation à grande échelle, pour des millions de passagers ; (2) Enregistrement et embarquement biométrique — la reconnaissance faciale et biométrique révolutionne les processus d’enregistrement et d’embarquement. Des solutions comme IATA Travel Pass (passeport digital) et les portiques biométriques permettent aux passagers de passer du comptoir d’enregistrement jusqu’à l’avion sans présenter physiquement leurs documents — une expérience plus fluide et plus sécurisée. Plusieurs aéroports marocains (Mohammed V, Marrakech-Menara) expérimentent ces technologies en partenariat avec ONDA et les compagnies qui y opèrent ; (3) Gestion des vols irréguliers par IA — les retards et annulations sont la principale source d’insatisfaction des passagers. Les algorithmes d’IA permettent d’anticiper les irrégularités (analyse météo, disponibilité des appareils, créneaux de trafic), de proposer proactivement des solutions de réacheminement avant même que le passager ne se présente au comptoir, et d’automatiser la communication des mises à jour en temps réel via SMS et notifications push. Cette gestion proactive réduit le stress des passagers et la charge de travail des agents au sol ; (4) Connectivité en vol — Wi-Fi et divertissement — le Wi-Fi en vol et les systèmes de divertissement à bord (IFE — In-Flight Entertainment) sont devenus des critères de choix majeurs pour les passagers professionnels et les voyageurs sur long courrier. RAM équipe progressivement sa flotte de systèmes Wi-Fi satellitaires permettant aux passagers de rester connectés pendant le vol. Les écrans individuels haute définition, le streaming de contenu personnalisé (films, séries marocaines et internationales) et les prises USB/220V sont devenus des standards attendus sur toutes les classes de cabine ; (5) Applications mobiles et self-service — l’application mobile RAM permet aux passagers de gérer l’intégralité de leur voyage depuis leur smartphone : réservation, enregistrement, sélection du siège, achat de bagage supplémentaire, suivi du vol en temps réel, accès à la carte d’embarquement digitale. Ces fonctionnalités self-service réduisent les coûts de distribution et d’assistance de la compagnie tout en améliorant la flexibilité et l’autonomie des passagers — particulièrement appréciée par les voyageurs fréquents professionnels.
Quels sont les enjeux de durabilité environnementale pour l’aviation marocaine ?
Les enjeux environnementaux du transport aérien pour le Maroc : (1) Carburants durables d’aviation (SAF) — les carburants durables d’aviation (Sustainable Aviation Fuels — SAF) sont produits à partir de biomasse, de déchets organiques ou de procédés synthétiques (Power-to-Liquid) et émettent jusqu’à 80 % moins de CO2 que le kérosène fossile sur leur cycle de vie. L’IATA s’est engagée à ce que l’aviation mondiale atteigne la neutralité carbone d’ici 2050, avec les SAF comme principal levier de décarbonation (65 % de la réduction des émissions). Pour RAM, l’accès aux SAF reste limité par la disponibilité au Maroc — des pilotes ont été réalisés sur des vols transatlantiques en mélange SAF/kérosène, mais le déploiement à grande échelle nécessite des investissements dans la production locale de SAF ; (2) Optimisation de la consommation de carburant — chaque kilo de carburant économisé est une réduction des émissions et des coûts. Les compagnies aériennes déploient de nombreuses mesures d’optimisation : optimisation des routes (trajectoires plus courtes grâce à une meilleure collaboration avec le contrôle du trafic aérien), optimisation de la masse (réduction des équipements de cabine non essentiels, allégement des manuels papier), gestion optimale des moteurs (maintenance prédictive pour maintenir les performances thermodynamiques), et optimisation des procédures d’approche et de décollage (descente continue vs. descente en paliers — plus économique et plus silencieuse) ; (3) Renouvellement de la flotte vers des appareils plus efficaces — les appareils de nouvelle génération (Boeing 787 Dreamliner, Airbus A220, A320neo, A350) consomment 15 à 25 % moins de carburant que les générations précédentes. RAM investit dans le renouvellement de sa flotte — des Boeing 787-9 pour les long-courriers et des Boeing 737 MAX ou Airbus A220 pour les moyen-courriers — réduisant son empreinte carbone tout en améliorant le confort passager et réduisant le bruit pour les riverains des aéroports ; (4) Compensation carbone et contribution au marché carbone — pour les émissions résiduelles non encore décarbonables par des solutions technologiques, l’aviation recourt à des mécanismes de compensation carbone (plantations d’arbres, projets d’énergie renouvelable dans les pays en développement) et au marché international de quotas carbone CORSIA (Carbon Offsetting and Reduction Scheme for International Aviation) mis en place par l’OACI. RAM participe à ces mécanismes de compensation conformément aux engagements internationaux du Maroc en matière de réduction des émissions de GES ; (5) Aéroports verts et empreinte au sol — la durabilité de l’aviation ne se limite pas aux avions — les aéroports marocains (gérés par ONDA) déploient des programmes de réduction de leur empreinte environnementale : panneaux solaires sur les toitures des terminaux, véhicules de piste électriques (tracteurs de bagages, buses de chargement), systèmes de gestion de l’énergie intelligents, et réduction de la consommation d’eau. L’aéroport Mohammed V de Casablanca vise la certification ACI Level 3 (Airport Carbon Accreditation) — un standard international de gestion carbone des aéroports.
Comment se développe l’écosystème des startups tech dans le secteur du transport marocain ?
L’écosystème startup transport au Maroc est en pleine émergence : (1) Startups de mobilité urbaine — le secteur des nouvelles mobilités urbaines au Maroc connaît une effervescence entrepreneuriale : applications de covoiturage (Heetch, des équivalents locaux), services de vélos et trottinettes en libre-service (expérimentés à Casablanca, Marrakech, Rabat), plateformes de mise en relation de conducteurs de taxi avec les usagers (Careem, Yassir). Ces startups transforment la mobilité urbaine marocaine, souvent dominée par les taxis collectifs et les transports informels, en proposant des alternatives plus pratiques, traçables et sécurisées ; (2) Logistique et last-mile delivery — les startups de la logistique du dernier kilomètre connaissent un essor porté par la croissance du e-commerce marocain. Des entreprises comme Yabi, ClickDeli et d’autres développent des solutions innovantes de livraison (consignes intelligentes, relais de livraison dans les commerces de proximité, livraison à vélo électrique) adaptées aux réalités urbaines marocaines (rues étroites des médinas, adresses peu précises, dominance du paiement à la livraison). Ces startups attirent des investissements de fonds de capital-risque africains et internationaux ; (3) Tech pour le transport routier de marchandises — des plateformes numériques de fret (bourses de fret en ligne, applications de suivi GPS des camions, solutions de gestion de flotte) se développent pour moderniser le transport routier marocain, encore largement informel et peu digitalisé. Ces solutions améliorent la transparence tarifaire, réduisent les retours à vide et facilitent la mise en relation entre chargeurs et transporteurs. L’adoption reste limitée par la fracture numérique dans le secteur (petits transporteurs peu équipés en smartphones et en connectivité) ; (4) Financement et accompagnement des startups — l’écosystème de financement des startups marocaines dans le transport et la mobilité s’enrichit progressivement : CMS (Centre Marocain pour l’Innovation et le Startups), programmes d’incubation de l’UM6P et de l’Université Internationale de Rabat, fonds d’investissement régionaux (Maroc Numeric Fund, Azur Innovation), et accès aux programmes d’accélération internationaux (Y Combinator, Station F pour les startups marocaines sélectionnées). Ces ressources restent insuffisantes face à la demande des entrepreneurs, mais le dynamisme croissant de l’écosystème est encourageant ; (5) Réglementation et bac à sable réglementaire — l’innovation dans le transport pose des questions réglementaires complexes : les plateformes de covoiturage sont-elles des taxis ? Les drones de livraison sont-ils soumis à la réglementation ANAC ? Les véhicules autonomes peuvent-ils circuler sur les routes marocaines ? Le cadre réglementaire marocain évolue progressivement pour intégrer ces nouvelles réalités, avec des expérimentations encadrées (bac à sable réglementaire) permettant de tester des innovations avant leur généralisation. La NARSA, l’ANAC et le ministère du Transport travaillent à l’adaptation du cadre légal pour encourager l’innovation sans sacrifier la sécurité.