12 octobre 2022
Le ministre du Transport et de la Logistique, Mohamed Abdeljalil, a présidé, mardi à Rabat, une cérémonie de remise d’équipements à la Gendarmerie Royale et à la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) destinés au renforcement de la sécurité routière.
Dans le cadre de l’amélioration des indicateurs de comportement des usagers de la route en dehors du milieu urbain, et l’élargissement du parc d’équipements de contrôle routier, la Gendarmerie Royale a reçu 120 radars mobiles de dernière génération pour un coût de 9,1 millions de dirhams et 36 véhicules utilitaires pour le déploiement des unités de radars mobiles (5,8 millions DH). Ces radars ont un rayon d’action à plus de 1.000 mètres avec une vitesse maximale détectée de 250 km/h.
De son côté, la DGSN a reçu 110 cyclomoteurs 750 CC et 20 cyclomoteurs 1250 CC en plus de 13 véhicules utilitaires pour un coût total de 24.255.847 DHS.
La remise de ces équipements s’inscrit dans le cadre du projet de création d’unités mobiles de contrôle des infractions au code de la route en milieu urbain avec pour objectifs notamment d’améliorer les indicateurs de comportement des usagers de la route en milieu urbain dans les villes de Rabat, Témara, Salé, Kénitra, Casablanca, Fès, Tanger, Marrakech et Agadir.
Ces équipements permettront aussi de détecter les infractions au code de la route commises en dehors des points de contrôle, lutter contre la hausse de l’indicateur de mortalité des accidents de la route en milieu urbain et contre les comportements dangereux des usagers de la route en milieu urbain.
Ils contribueront aussi au renforcement de la présence des agents de contrôle et les mécanismes de répression des infractions au code de la route en milieu urbain.
Dans une déclaration à la presse, M. Abdeljalil a souligné que la remise de ces équipements de contrôle de la vitesse à la Gendarmerie Royale et à la Direction générale de la Sûreté nationale a pour objectif de contribuer à la réduction du nombre des accidents graves et mortels.
De son côté, le directeur général de l’Agence nationale de sécurité routière (NARSA), Benacer Boulaajoul, a indiqué dans une déclaration similaire que cette démarche s’inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre du Plan National de Surveillance 2022-2024 avec pour ambition d’encadrer le comportement des usagers de la route afin de réduire le nombre de morts et de blessés graves résultant des accidents physiques de la circulation.
Peu avant cette cérémonie, le ministre des Transports et de la Logistique avait présidé les travaux de la 6ème session du Conseil d’Administration de l’Agence Nationale de la Sécurité Routière (NARSA), dont l’ordre du jour comprenait la présentation d’un rapport sur les activités et comptes de l’Agence pour l’année 2021.
A cette occasion, M. Abdeljalil a salué les efforts déployés par l’ensemble des acteurs impliqués dans la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Sécurité Routière 2017-2026.
A cet égard, le ministre a relevé que malgré la baisse du nombre de morts et de blessés graves, les chiffres restent en deçà des attentes et des objectifs tracés, appelant à cet égard à davantage d’efforts et de mobilisation des acteurs institutionnels, professionnels et des composantes de la société civile.
Dans ce contexte, M. Abdeljalil a fait observer que les récents accidents de la circulation ayant impliqués des autobus de transport public de passagers, nécessitent la prise de mesures profondes et efficaces dans les meilleurs délais, soulignant que la nature du service public de ce secteur nécessite l’adoption d’un programme de travail basé sur une approche réformatrice à tous les niveaux, ainsi que l’implication et la concertation de toutes les parties prenantes et acteurs institutionnels et professionnels, qu’il s’agisse du cadre législatif et aspect réglementaire, processus de contrôle et de répression, programmes de formation et de formation continue ou de communication pour les conducteurs professionnels.
Selon M. Abdeljalil, le ministère du Transport et de la Logistique annoncera prochainement un plan intégré pour accroître la sécurité des transports publics pour les voyageurs, qui est actuellement en cours de préparation par le ministère en coordination avec la NARSA.
D’autre part, le ministre a fait savoir que malgré les contraintes liées à la pandémie de Covid-19, la NARSA a continué d’assurer le service public aux citoyens et aux professionnels en parallèle à la mise en place de ses structures aux niveaux central, régional et local.
A cet égard, depuis deux ans, la NARSA a réussi le lancement de nombreux projets importants et ambitieux, tels que l’accord signé avec le Groupe Barid Bank et Barid Cash, la révision des questions pour l’obtention du permis de conduire, la préparation du système informatique de gestion des permis de conduire et d’immatriculation des véhicules, et la mise en place d’un programme de renouvellement du parc et de broyage outre un programme de formation des chauffeurs professionnels et la poursuite du suivi automatisé des infractions par l’installation de radars de nouvelle génération et d’autres projets structurés qui auront un impact positif sur les différents domaines d’intervention de l’agence.
D’autre part, le ministre a souligné qu’il reste encore de nombreux défis à relever, car le suivi des ateliers de numérisation et la suppression du caractère physique des procédures font partie des ateliers importants qui permettront l’amélioration des services, en plus d’accorder une grande importance aux chantiers d’éducation routière et à la poursuite de la mise en œuvre d’un programme de renouveau du parc, le programme de formation initiale et continue des chauffeurs professionnels et le programme des aménagements de sécurité routière.
Les enjeux stratégiques les plus importants dans le domaine de la sécurité routière se traduisent également par l’accompagnement des collectivités territoriales à travers la mise en œuvre de projets dans le cadre du partenariat et la poursuite de l’équipement des organismes de surveillance routière, en plus d’accorder une grande importance à la recherche scientifique, à la surveillance et à l’analyse sécurité routière nationale.
(MAP)
Sécurité routière au Maroc : équipements de contrôle, forces de l’ordre et stratégie nationale
La sécurité routière au Maroc constitue un défi de santé publique majeur — le Royaume compte parmi les pays avec les taux d’accidents de la route les plus élevés par habitant en Afrique du Nord, avec plus de 3 000 tués et des dizaines de milliers de blessés sur les routes chaque année. Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), les accidents de la route sont la 8e cause mondiale de mortalité et la première cause de décès chez les 15-29 ans — un fardeau que les pays à revenu intermédiaire comme le Maroc supportent de manière disproportionnée, avec 93 % des décès routiers mondiaux survenant dans ces pays malgré des parcs de véhicules moins importants que dans les pays développés. L’OMS préconise une approche « Système Sécurisé » (Safe System Approach) qui reconnaît que les accidents ne sont pas inévitables et que l’infrastructure, les véhicules, la vitesse, les comportements des usagers et les soins post-accidentels constituent les cinq piliers d’une stratégie de réduction efficace. La remise d’équipements à la Gendarmerie Royale et à la DGSN (Direction Générale de la Sûreté Nationale) s’inscrit dans cette stratégie — renforcer les capacités de contrôle et de répression des comportements dangereux sur les routes marocaines.
Sécurité routière et forces de l’ordre dans le contexte marocain :
- NARSA — Agence Nationale de la Sécurité Routière : créée en 2019, la NARSA est l’opérateur public marocain chargé de la mise en œuvre de la politique nationale de sécurité routière. Elle coordonne les actions des différents intervenants (ministère du Transport, ministère de l’Intérieur, Gendarmerie Royale, DGSN, collectivités territoriales, société civile) et pilote le Plan National de Sécurité Routière. La NARSA gère également le système de permis à points, les campagnes de sensibilisation et la collecte des données d’accidentologie.
- Équipements de contrôle routier modernes : les équipements remis aux forces de l’ordre dans le cadre des programmes de sécurité routière incluent des radars de contrôle de vitesse (fixes et mobiles), des éthylotests électroniques homologués, des appareils de détection de l’utilisation du téléphone au volant, des caméras embarquées pour les patrouilles et des terminaux informatiques mobiles permettant la consultation en temps réel du fichier des infractions et des véhicules. Ces équipements modernes améliorent l’objectivité des contrôles et réduisent les marges de contestation des infractions.
- Contrôle routier et répression des infractions graves : les forces de l’ordre marocaines concentrent leurs contrôles sur les infractions à risque élevé — excès de vitesse (première cause d’accidents mortels), conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants, non-port de la ceinture de sécurité, utilisation du téléphone portable au volant, non-respect des feux de signalisation. Le renforcement des équipements permet des contrôles plus systématiques et plus efficaces.
- Objectifs du Plan National de Sécurité Routière : le Maroc s’est engagé à réduire de 50 % le nombre de tués sur les routes à l’horizon 2030, conformément aux Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies et à la Déclaration de Stockholm (2020). Atteindre cet objectif ambitieux nécessite une combinaison de mesures : amélioration de l’infrastructure routière, modernisation du parc de véhicules, renforcement des contrôles et de la répression, éducation routière dans les écoles et campagnes de sensibilisation continues.
FAQ : Sécurité routière et contrôle routier au Maroc
Comment fonctionne le système de permis à points au Maroc ?
Le système de permis à points marocain est un outil central de la politique de sécurité routière : (1) Capital initial de points — tout titulaire d’un permis de conduire marocain dispose d’un capital initial de 30 points. Ce capital peut diminuer en cas d’infractions au Code de la Route et être reconstitué par des stages de sensibilisation ou par la non-commission d’infraction pendant une certaine période. Ce système crée une responsabilisation progressive des conducteurs — les conducteurs récidivistes voient leur capital diminuer jusqu’à la suspension du permis ; (2) Infractions entraînant un retrait de points — les infractions sont classées par gravité avec un nombre de points retirés correspondant : les infractions les plus graves (conduite en état d’ivresse, délit de fuite après accident avec blessé ou tué, dépassement de la vitesse maximale de plus de 40 km/h) entraînent un retrait de 4 points ; les infractions graves (dépassement de vitesse de 20 à 40 km/h, non-port de la ceinture, utilisation du téléphone portable, grillage de feu rouge) entraînent 2 à 3 points de retrait ; les infractions légères (stationnement dangereux, défaut de signalisation) entraînent 1 point de retrait ; (3) Suspension et annulation du permis — lorsque le capital de points atteint 0, le permis est suspendu administrativement et le conducteur est tenu de passer un stage de sensibilisation à la sécurité routière pour récupérer 8 points. En cas de récidive conduisant à une nouvelle annulation, les conditions de récupération sont plus sévères. Certaines infractions très graves (homicide involontaire par conduite dangereuse, conduite sans permis après annulation) peuvent entraîner une annulation judiciaire du permis, avec interdiction de se représenter aux examens pendant une durée fixée par le tribunal ; (4) Récupération de points — les conducteurs ayant perdu des points peuvent en récupérer de deux manières : par le temps (récupération automatique de 2 points par année sans infraction, dans la limite du capital initial de 30 points) ou par la participation volontaire à des stages de sensibilisation agréés (récupération de 4 points par stage, un stage par an maximum). Ces stages, animés par des formateurs certifiés, comprennent des modules sur les causes d’accidents, la perception des risques, les effets de l’alcool et des drogues, et les enjeux psychologiques de la conduite ; (5) Consultation du solde de points — les conducteurs marocains peuvent consulter leur solde de points via le portail électronique de la NARSA (avec leur CIN et leur numéro de permis). Cette transparence leur permet de suivre l’évolution de leur capital et d’anticiper les risques de suspension. La numérisation de ce système permet également aux forces de l’ordre de vérifier instantanément lors d’un contrôle routier si le permis présenté est valide et si le conducteur fait l’objet de restrictions.
Quels sont les équipements de sécurité obligatoires dans un véhicule au Maroc ?
Les équipements de sécurité obligatoires dans les véhicules marocains : (1) Triangle de présignalisation et gilet réfléchissant — tout véhicule automobile doit être équipé d’au moins un triangle de présignalisation homologué et d’un gilet de sécurité réfléchissant haute visibilité (classe 2 minimum). Ces équipements doivent être accessibles sans ouvrir le coffre (le gilet doit se trouver dans l’habitacle, accessible au conducteur avant de sortir du véhicule). En cas d’immobilisation sur la chaussée ou en bord de route, le triangle doit être posé à 30 m minimum derrière le véhicule (ou plus sur autoroute) et le gilet doit être revêtu avant toute intervention ; (2) Extincteur de bord — bien que non obligatoire pour les véhicules particuliers, l’extincteur est recommandé et obligatoire pour les véhicules de transport en commun (taxis, autocars, bus), les véhicules transportant des marchandises dangereuses et les véhicules GPL. L’extincteur doit être accessible depuis l’habitacle, rechargé et à l’intérieur de sa date de validité. Pour les véhicules GPL, un extincteur à poudre d’au moins 1 kg est généralement requis ; (3) Trousse de premiers secours — obligatoire pour les véhicules de transport en commun et recommandée pour tous les autres véhicules. Elle doit contenir les éléments de base des premiers secours (pansements, bandages, gants stériles, couverture de survie, ciseaux à bouts ronds) pour prodiguer des soins d’urgence en attendant les secours. L’entretien de la trousse (remplacement des produits périmés) est de la responsabilité du propriétaire du véhicule ; (4) Ceintures de sécurité et dispositifs de retenue pour enfants — le port de la ceinture de sécurité est obligatoire pour le conducteur et tous les passagers, à l’avant comme à l’arrière. Les enfants de moins de 10 ans doivent être installés dans des dispositifs de retenue homologués adaptés à leur taille et leur poids (siège auto, réhausseur). L’infraction au port de la ceinture est passible d’une amende et d’un retrait de points. Les contrôles de ceinture ont été renforcés ces dernières années, notamment sur les axes interurbains ; (5) Équipements spécifiques aux véhicules lourds et aux transports en commun — les poids lourds, bus et autocars sont soumis à des obligations supplémentaires : limiteur de vitesse (obligatoire au-dessus de 3,5 t — réglé à 90 km/h pour les PL et 100 km/h pour les bus sur autoroute), tachygraphe pour les transports internationaux, système d’alerte de franchissement involontaire de ligne (LDWS), système de détection d’angles morts (BSD) de plus en plus préconisé. Ces équipements de sécurité active complètent les équipements passifs traditionnels.
Comment les forces de l’ordre marocaines contrôlent-elles la vitesse sur les routes ?
Le contrôle de la vitesse par les forces de l’ordre marocaines utilise plusieurs technologies et méthodes : (1) Radars fixes homologués — des radars fixes sont installés sur les axes à forte accidentologie — autoroutes, routes nationales à accès difficile, abords des agglomérations. Ces radars photographient automatiquement tout véhicule dépassant la vitesse limite, enregistrent la plaque d’immatriculation et transmettent les données au centre de traitement des infractions. Les infractions constatées par radar fixe donnent lieu à une amende envoyée au domicile du propriétaire du véhicule (sous réserve que le système d’identification soit opérationnel). Le Maroc dispose d’un réseau de radars fixes sur les autoroutes concédées (ADM) et développe progressivement ce réseau sur le réseau national ; (2) Radars mobiles et contrôles dynamiques — les unités de la Gendarmerie Royale et de la DGSN utilisent des radars mobiles (embarqués dans des véhicules banalisés ou installés temporairement sur trépied) pour contrôler la vitesse de manière aléatoire et imprévisible. Ces contrôles mobiles complètent les radars fixes en couvrant des axes qui ne justifient pas un équipement permanent. Leur caractère imprévisible est considéré comme plus dissuasif que les radars fixes dont l’emplacement devient rapidement connu des conducteurs ; (3) Contrôles intégrés sur les routes nationales — les unités de contrôle de la Gendarmerie Royale réalisent des contrôles intégrés sur les routes nationales — combinent la vérification de la vitesse avec le contrôle des documents (permis de conduire, carte grise, assurance, contrôle technique), l’éthylométrie et la vérification de l’état du véhicule (pneumatiques, éclairage). Ces contrôles intégrés sont particulièrement fréquents avant les grands départs (vacances, fêtes religieuses) et sur les axes reliant les grandes villes (Casablanca-Marrakech, Casablanca-Rabat, Casablanca-Tanger) ; (4) Système de contrôle-sanction automatisé (CSA) — le Maroc développe progressivement un système de verbalisation automatisé permettant le traitement des infractions radar sans interception physique du véhicule. Ce système nécessite une base de données fiable d’immatriculations, un système de notification des propriétaires et un mécanisme de paiement électronique des amendes. Plusieurs pays africains (Afrique du Sud, Maroc, Kenya) ont développé de tels systèmes avec des degrés de maturité variables — le Maroc a posé les bases législatives et technologiques de ce système ; (5) Éducation routière et campagnes de sensibilisation — au-delà de la répression, la NARSA pilote des campagnes de sensibilisation annuelles ciblant les comportements à risque — campagne « Sécurité routière, votre vie en dépend » avant les grandes migrations Aïd, campagne anti-alcool au volant pendant Ramadan, campagnes dans les établissements scolaires pour la sécurité des jeunes piétons et cyclistes. Ces campagnes sont complétées par la diffusion de spots télévisés et d’affichages publicitaires sur les principaux axes routiers marocains.