mardi, juillet 14, 2026

Le Maroc préside à Leipzig le sommet du Forum International des Transports

by Redaction MarocTL

18 mai 2022

Le Sommet du Forum International des Transports (FIT 2022), organisé sous le thème « Le transport pour des sociétés inclusives », a entamé, mercredi à Leipzig, ses travaux sous la présidence du Maroc.

Ce conclave de trois jours, qui réunit les délégations d’environs 80 pays, est présidé par le ministre du Transport et de la Logistique, Mohammed Abdeljalil, qui conduit une importante délégation marocaine.

Il est à rappeler que le Maroc, en tant que premier pays arabe et africain à avoir intégré en 2015 le FIT, s’est vu confier la présidence du Forum au titre du mandat 2021-2022, au vu des efforts et des projets réalisés par le Royaume dans le domaine des transports et de sa position géostratégique tant sur le plan régional que continental.

Le thème du sommet 2022 est le premier du cycle 2022-2024 qui aura pour cadre l’innovation dans les Transports au service des Sociétés.

Outre les ministres du Transport, le sommet connait la participation de chefs d’entreprise et d’organisations internationales, de parlementaires, de décideurs, de représentants d’associations professionnelles et de chercheurs, venus discuter de sujets d’importance stratégique mondiale en rapport avec tous les modes de transport et de mobilité.

Les travaux du Sommet se déclinent autour de cinq sous-thèmes. Il s’agit notamment de « favoriser l’accès pour tous », « améliorer l’accès aux activités économiques », « assurer un marché de l’emploi ouvert et inclusif dans le domaine des transports », « Faire progresser l’impact des transports sur la santé, la sûreté et la sécurité » et « Concevoir un cadre de gouvernance pour des transports inclusifs ».

Par ailleurs, le forum sera l’occasion de présenter l’expérience marocaine dans le secteur du transport et de mettre en avant son leadership au niveau régional et continental en la matière.

A cet égard, la délégation marocaine, qui comprend des responsables du ministère du Transport et de la Logistique, et d’Etablissements publics opérant dans le secteur, prendra part aux sessions ministérielles, aux tables rondes et aux conférences portant, entre autres, sur la sécurité routière, le transport et le changement climatique, l’inclusion des transports et l’avenir des chaînes d’approvisionnement. Les discussions vont permettre aux participants de partager les expertises et les expériences dans ces domaines.

Le FIT est une organisation intergouvernementale intégrée à l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), qui regroupe les ministres des transports de 63 pays représentant les cinq continents.

Politique de transport international : le Maroc acteur clé des forums mondiaux

La présidence marocaine du sommet du Forum International des Transports (ITF) à Leipzig illustre la reconnaissance internationale du Maroc comme acteur de référence dans les politiques de transport durables. Cette présidence n’est pas un acte protocolaire — elle reflète les investissements massifs consentis par le Maroc dans ses infrastructures de transport au cours des vingt dernières années, sa position géographique stratégique entre l’Europe et l’Afrique, et son ambition de devenir un hub logistique continental. Selon l’IRU (International Road Transport Union), l’organisation mondiale qui représente les intérêts des transporteurs routiers dans plus de 100 pays et contribue aux discussions internationales sur la politique de transport, le transport routier doit évoluer vers plus de durabilité, de sécurité et d’efficacité énergétique — des objectifs au coeur des discussions du Forum International des Transports et des priorités affichées par le Maroc dans sa politique de transport nationale. La présidence de ce forum prestigieux offre au Maroc une plateforme unique pour influencer les standards internationaux du transport et promouvoir un modèle de développement des infrastructures adapté aux enjeux africains.

Transport international dans le contexte marocain :

  • Le Forum International des Transports (ITF-OCDE) : le FIT est une organisation intergouvernementale de 64 pays membres, affiliée à l’OCDE, qui organise chaque année un sommet mondial réunissant ministres des transports, chefs d’entreprises et experts académiques. Les thèmes traités couvrent l’ensemble des politiques de transport — décarbonation, sécurité routière, infrastructures, financement, nouvelles technologies (véhicules autonomes, MaaS). La présidence marocaine de ce sommet place le Maroc parmi les acteurs qui façonnent l’agenda international du transport.
  • Infrastructures marocaines — bilan et investissements : le Maroc a investi massivement dans ses infrastructures de transport depuis les années 2000 : réseau autoroutier (1 900 km d’autoroutes concédées — l’un des plus denses d’Afrique), ligne à grande vitesse Tanger-Kénitra (Al-Boraq, premier TGV africain), port de Tanger Med (premier port d’Afrique et de Méditerranée), aéroports modernisés (Mohammed V de Casablanca, Marrakech-Menara). Ces investissements ont transformé la connectivité du Maroc et sa compétitivité logistique.
  • Maroc — hub entre Europe et Afrique : la position géographique du Maroc (carrefour entre l’Europe, l’Afrique subsaharienne et le monde arabe), combinée à ses infrastructures modernes et à ses accords de libre-échange (UE, USA, pays arabes, ZLECAf), en fait un hub naturel pour les flux de transport et de logistique régionaux. La présidence du FIT renforce le positionnement diplomatique du Maroc comme interlocuteur crédible dans les négociations sur les corridors de transport internationaux.
  • Diplomatie des transports et coopération Sud-Sud : le Maroc développe une diplomatie active dans le domaine des transports, notamment avec les pays africains. Des accords de transport routier bilatéraux (avec la Mauritanie, le Sénégal, le Mali), des projets de routes trans-africaines et des programmes de formation des professionnels du transport africain (via l’ISTA et les centres de formation marocains) témoignent de cette vocation de partenaire du développement africain.

FAQ : Politique de transport international et Maroc

Quels sont les grands enjeux du transport international discutés au Forum ITF ?

Les grands enjeux du transport international débattus dans les forums comme l’ITF : (1) Décarbonation des transports — les transports représentent environ 23 % des émissions mondiales de CO2, dont une majorité provient du transport routier et aérien. Les objectifs de l’Accord de Paris (limiter le réchauffement climatique à 1,5°C) nécessitent une réduction drastique de ces émissions — electrification des véhicules légers, hydrogène pour les poids lourds et navires, développement des transports en commun, report modal vers le ferroviaire. Pour les pays africains dont les parcs de véhicules sont vieillissants et très polluants, la transition est particulièrement complexe — elle nécessite des financements concessionnels et des transferts de technologie que les forums internationaux comme l’ITF contribuent à organiser ; (2) Sécurité routière mondiale — plus de 1,35 million de personnes meurent chaque année sur les routes dans le monde — 93 % dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Les Objectifs de Développement Durable (ODD 3.6) prévoient de réduire de moitié le nombre de décès et blessés sur les routes d’ici 2030. L’ITF coordonne les travaux internationaux sur les standards de sécurité des véhicules, des infrastructures et des comportements. Pour le Maroc, qui aspire à atteindre les objectifs ODD, la participation aux forums internationaux permet d’accéder aux meilleures pratiques et aux financements disponibles ; (3) Numérisation et transport autonome — les véhicules autonomes, les systèmes de mobilité partagée (MaaS — Mobility as a Service), l’optimisation algorithmique des réseaux de transport et la donnée ouverte dans les transports sont des sujets qui transforment rapidement le secteur. Les standards internationaux nécessaires à l’interopérabilité (entre véhicules autonomes de différents constructeurs, entre systèmes de ticketing de différents pays) sont négociés dans des forums comme l’ITF et l’UIC. Le Maroc, qui développe des smart cities et des systèmes de gestion du trafic intelligents dans ses grandes villes, est partie prenante de ces standards ; (4) Financement des infrastructures dans les pays en développement — le déficit de financement des infrastructures de transport dans les pays en développement est estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars par an. Les mécanismes de financement innovants (partenariats public-privé, green bonds, garanties des banques de développement) sont au centre des débats des forums internationaux. Pour les pays africains, l’Initiative pour les Infrastructures de l’Union Africaine et les financements chinois (Nouvelle Route de la Soie) complètent les financements traditionnels des institutions de Bretton Woods ; (5) Connectivité et désenclavement — des millions de personnes dans le monde n’ont pas accès à un transport fiable et abordable — un frein majeur au développement économique et social. Les forums internationaux définissent des objectifs d’accessibilité universelle aux transports (accessibilité des personnes à mobilité réduite, desserte des zones rurales, tarification sociale) et échangent des bonnes pratiques entre pays. Pour le Maroc, qui développe son réseau routier rural (Programme National des Routes Rurales) et ses infrastructures de transport dans les régions enclavées, cette dimension est particulièrement pertinente.

Comment le Maroc s’intègre-t-il dans les grands corridors de transport régionaux ?

L’intégration du Maroc dans les corridors de transport régionaux est une priorité stratégique : (1) Corridor Maroc-Europe via le détroit de Gibraltar — le corridor maritime Tanger Med-Algésiras est l’un des plus fréquentés au monde, avec des dizaines de rotations quotidiennes de ferries et des milliers de conteneurs transbordés. Le projet de liaison fixe sous le détroit de Gibraltar (tunnel ou pont) est régulièrement évoqué dans les discussions maroco-espagnoles et européennes — il transformerait radicalement la connectivité de l’Afrique du Nord avec l’Europe. L’interconnexion ferroviaire (LGV Maroc – tunnel – réseau espagnol à grande vitesse) permettrait des voyages en train de Marrakech à Paris en moins de 8 heures ; (2) Corridor transmaghrébin — l’autoroute Transmaghrébine (projet de liaison routière continue de Casablanca à Tunis via Alger) reste suspendue à la réouverture des frontières algéro-marocaines, fermées depuis 1994. Ce corridor représente un potentiel de commerce interrégional considérable — l’Afrique du Nord est l’une des régions les moins intégrées au monde sur le plan économique. La normalisation des relations maroco-algériennes, si elle survient, ouvrirait des perspectives d’intégration régionale des transports considérables ; (3) Corridor africain sud-africain — le Maroc développe ses connexions terrestres avec l’Afrique subsaharienne via la Mauritanie et le Sénégal (route Dakhla-Nouakchott-Dakar). Ces corridors sont essentiels pour les échanges commerciaux maroco-africains en forte croissance et pour la stratégie de présence économique du Maroc en Afrique subsaharienne. Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc, qui longe la côte atlantique africaine, illustre l’ambition de connectivité panafricaine du Maroc ; (4) Tanger Med comme hub de transbordement maritime — Tanger Med est devenu le hub de transbordement dominant de la Méditerranée et de l’Afrique de l’Ouest — les conteneurs des grandes lignes maritimes Asie-Europe y transitent avant d’être réexpédiés vers les ports africains et méditerranéens. Cette position de hub maritime est un atout considérable pour le développement logistique du Maroc et pour l’intégration des économies africaines dans les chaînes de valeur mondiales ; (5) Coopération ferroviaire africaine — le Maroc promeut activement la coopération ferroviaire africaine dans le cadre de l’UA (Union Africaine) et des organisations régionales (CEDEAO, UMA). Le projet de réseau ferroviaire transafricain, qui prévoit des liaisons ferroviaires entre les capitales africaines à l’horizon 2063 (Agenda 2063 de l’UA), bénéficierait de l’expertise marocaine en matière de LGV et de gestion des opérations ferroviaires dans un contexte africain.

Quelles sont les priorités du Maroc en matière de transport durable ?

Les priorités du Maroc pour un transport durable s’inscrivent dans sa stratégie nationale : (1) Contribution Déterminée Nationale (CDN) et transport — le Maroc a soumis une CDN ambitieuse à l’Accord de Paris, incluant des engagements de réduction des émissions dans le secteur des transports. Ces engagements couvrent le développement des transports en commun (tramways, bus rapides BRT), l’électrification du parc de véhicules (voitures et bus électriques), le développement du covoiturage et de la mobilité douce (vélos, trottinettes) dans les villes, et le transfert modal de la route vers le rail pour les voyageurs et les marchandises ; (2) Stratégie nationale de mobilité électrique — le Maroc a développé une stratégie de déploiement des véhicules électriques incluant des incitations fiscales (réduction des droits de douane sur les véhicules électriques), le développement d’un réseau de bornes de recharge sur les autoroutes et dans les villes, et des programmes pilotes de flottes de taxis et bus électriques. La production nationale d’énergie renouvelable (solaire et éolienne) croissante améliore l’empreinte carbone de l’électromobilité marocaine ; (3) Plan de mobilité urbaine durable — les grandes villes marocaines (Casablanca, Rabat, Marrakech, Fès) développent des Plans de Déplacements Urbains (PDU) intégrant tous les modes de transport. Ces plans visent à réduire la dépendance à la voiture individuelle, à développer les transports en commun de qualité et à améliorer les conditions de marche à pied et de vélo. Casablanca développe un réseau de tramway et de BRT (Bus Rapid Transit) pour désengorger ses artères saturées ; (4) Sécurité routière — objectifs 2030 — le Maroc s’est engagé à réduire de 50 % le nombre de tués sur les routes à l’horizon 2030, conformément aux ODD. Le Plan National de Sécurité Routière combine l’amélioration de l’infrastructure (carrefours giratoires, glissières de sécurité, éclairage), le renforcement des contrôles et sanctions (radars, permis à points), l’éducation routière et la communication de masse. Ces actions coordonnées par la NARSA doivent permettre d’atteindre cet objectif ambitieux malgré la croissance du parc de véhicules ; (5) Logistique durable et réduction de l’empreinte carbone — le développement des plateformes logistiques multimodales (combinant route, rail et maritime) et l’optimisation des chaînes d’approvisionnement (réduction des retours à vide, regroupement des livraisons en ville) sont des priorités de la stratégie logistique nationale. Les entreprises marocaines sont incitées à mesurer et réduire leur empreinte logistique, notamment dans le cadre des exigences de reporting RSE des groupes internationaux pour lesquels elles opèrent (sous-traitants de l’industrie automobile européenne, fournisseurs de la grande distribution européenne).

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