N° 5944/DGAC/DAC/DSA Rabat le 11/10/2016
INSTRUCTION TECHNIQUE RELATIVE A LA COMPOSITION DES MARQUES D’AERONEFS
Objet : Modalité d’inscription des aéronefs sur le registre marocain d’immatriculation.
Ref : L’article 6 de l’Arrêté du Ministère de l’Équipement et du Transport N° 1150-05 du 20 Ramadan 1426 (24 octobre 2005)
1. Rappel du contexte
La présente instruction technique précise et complète les modalités requises pour l’immatriculation des aéronefs et la tenue du registre marocain d’immatriculation en application de l’article 6 de l’Arrêté du Ministériel cité en référence et les directives contenues dans l’annexe 7 de la Convention de Chicago relative à l’aviation civile internationale.
2. Types des caractères des marques d'immatriculation
- Les lettres des marques d’immatriculation doivent être en caractères majuscules romains, sans ornementation.
- La largeur de chaque caractère (sauf la lettre 1) et la longueur des tirets doivent être égales aux deux tiers de la hauteur d’un caractère.
- Chaque caractère doit être séparé du caractère qui le précède et du caractère qui le suit par un espace égal au quart de la largeur d’un caractère, un tiret étant considéré comme un caractère.
- Les caractères et les tirets seront en traits pleins ou de couleur blanche ou noire, de façon à trancher sur la couleur du fond ; l’épaisseur des traits sera le sixième de la hauteur d’un caractère.
3. Composition des marques d'aéronefs
Les combinaisons des lettres utilisées ne doivent pas pouvoir être confondues :
- avec les groupes de cinq lettres employées dans le code international des signaux, deuxième partie,
- avec les groupes de trois lettres commençant par la lettre Q employés dans le code Q,
- avec le signal de détresse SOS, ou avec tous autres signaux d’urgence analogues, notamment les signaux XXX, PAN et TTT du règlement des télécommunications internationales.
Date de mise en application : Immédiate ;
Diffusion : Interne et externe ;
Destinataire d’exécution : DAC, DSA Service navigabilité ;
Cette instruction Technique abroge : la Circulaire N° 3162/DGAC/DAC/DSA du 19/04/2016.
Immatriculation des aéronefs au Maroc : registre national, marques et réglementation DGAC
L’immatriculation des aéronefs est une exigence fondamentale du droit aérien international — chaque aéronef civil doit être enregistré dans un État et arborer des marques d’identification visibles qui permettent son identification immédiate par les autorités de l’aviation civile, les contrôleurs du trafic aérien et les services de recherche et sauvetage. Selon l’OACI (Organisation de l’Aviation Civile Internationale), l’agence spécialisée des Nations Unies qui régit l’aviation civile internationale à travers la Convention de Chicago (1944), chaque État contractant doit tenir un registre national des aéronefs et attribuer des marques distinctives conformes aux normes de l’Annexe 7 de la Convention — des normes qui définissent la composition, l’emplacement et la taille des marques sur les aéronefs. Le Maroc, État contractant de l’OACI, a adopté le préfixe « CN » pour ses aéronefs civils — des marques que l’on retrouve sur les avions de Royal Air Maroc, les hélicoptères de travail aérien et les aéronefs des aéroclubs marocains. La Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC), opérant sous l’autorité de l’ANAC (Autorité Nationale de l’Aviation Civile), est l’organisme marocain chargé de la tenue du registre et de l’attribution des marques.
Immatriculation des aéronefs dans le contexte marocain :
- Préfixe national « CN » : le Maroc a reçu de l’OACI le préfixe national « CN » pour ses aéronefs civils. Ainsi, les appareils de Royal Air Maroc arborent des immatriculations de type CN-RGA, CN-RGB, etc. Les avions de tourisme et les aéronefs des aéroclubs portent des immatriculations du type CN-TXX (pour les avions légers). Ce préfixe identifie immédiatement la nationalité marocaine de l’appareil dans les communications radio et les plans de vol internationaux.
- ANAC — Autorité Nationale de l’Aviation Civile : créée en 2015, l’ANAC est l’autorité de régulation de l’aviation civile marocaine, chargée de la sécurité des vols, de la certification des aéronefs et des personnels navigants, de la surveillance des aéroports et de la tenue du registre national des aéronefs. L’ANAC a progressivement repris de la DGAC les fonctions de régulation, alignant l’organisation de la supervision de l’aviation marocaine sur les meilleures pratiques internationales (séparation entre prestataire de services de navigation aérienne et autorité de régulation).
- Certificat d’immatriculation et certificat de navigabilité : l’immatriculation d’un aéronef donne lieu à l’émission d’un certificat d’immatriculation — document permanent attestant de l’enregistrement de l’appareil dans le registre marocain. Distinct du certificat de navigabilité (qui atteste que l’appareil est apte au vol), le certificat d’immatriculation doit être conservé à bord en permanence et présenté aux autorités lors de tout contrôle.
- Registre marocain et attractivité pour les compagnies régionales : plusieurs compagnies aériennes africaines et des opérateurs d’aviation d’affaires ont immatriculé des aéronefs au Maroc, attirés par la réputation de l’ANAC, la qualité du cadre réglementaire marocain (aligné sur les normes OACI et les pratiques européennes EASA) et la compétitivité des services d’immatriculation. Ce registre contribue aux activités aéronautiques marocaines et génère des revenus pour les services de l’ANAC.
FAQ : Immatriculation des aéronefs et aviation civile au Maroc
Quelle est la procédure d’immatriculation d’un aéronef civil au Maroc ?
La procédure d’immatriculation d’un aéronef au Maroc suit les étapes suivantes : (1) Conditions préalables à l’immatriculation — pour être immatriculé au Maroc, un aéronef doit appartenir à un ressortissant marocain (personne physique ou morale de droit marocain), ou à une personne physique ou morale étrangère autorisée par le ministre chargé de l’aviation civile. L’aéronef ne doit pas être déjà immatriculé dans un autre État — la double immatriculation est interdite par la Convention de Chicago. Une radiation du registre étranger (délivrance d’un certificat de radiation) est nécessaire avant toute immatriculation au Maroc pour les aéronefs préalablement enregistrés à l’étranger ; (2) Documents requis pour la demande — le propriétaire ou son représentant doit soumettre à l’ANAC une demande d’immatriculation accompagnée des documents suivants : titre de propriété de l’aéronef (facture d’achat, contrat de vente ou jugement d’attribution), justificatif de nationalité marocaine du propriétaire (CIN ou registre du commerce pour les personnes morales), certificat de radiation du registre étranger (si applicable), spécifications techniques de l’aéronef (Type Certificate Data Sheet), et pour les aéronefs construits au Maroc, un rapport de conformité de construction ; (3) Inspection et certification technique — avant l’immatriculation définitive, l’ANAC procède à une inspection technique de l’aéronef pour vérifier sa conformité aux normes de navigabilité applicables. Pour les aéronefs de construction récente avec un certificat de type valide, cette inspection est souvent simplifiée. Pour les aéronefs anciens ou non certifiés (aéronefs ultralégers, aéronefs expérimentaux), une évaluation plus approfondie est nécessaire, pouvant conduire à l’émission d’un certificat de navigabilité restreint ; (4) Attribution des marques et émission du certificat — une fois la demande approuvée, l’ANAC attribue une marque d’immatriculation unique (format CN-XXX pour les avions, CN-HXX pour les hélicoptères, etc.) et émet le certificat d’immatriculation. Ce certificat, valide pour la durée de vie de l’aéronef (sauf modifications de propriété ou radiation), doit être conservé à bord. Le propriétaire est tenu d’apposer les marques attribuées sur l’aéronef dans les délais prescrits, selon les spécifications de taille et d’emplacement définies par l’instruction technique DGAC applicable ; (5) Maintien de l’immatriculation et obligations du propriétaire — l’immatriculation ne dispense pas de maintenir la navigabilité de l’aéronef. Le propriétaire est tenu de faire réaliser les visites d’entretien périodiques par des organismes agréés (Part-145 ou équivalent), de déclarer tout changement de propriété ou de domicile, de signaler les incidents et accidents à l’ANAC, et de maintenir à jour le manuel de vol et les documents de bord. Le non-respect de ces obligations peut entraîner la suspension ou le retrait du certificat d’immatriculation.
Quelles sont les règles de composition des marques d’aéronefs au Maroc ?
Les règles de composition des marques d’aéronefs marocains sont définies par l’instruction technique DGAC : (1) Structure des marques pour les avions — les marques d’un aéronef marocain sont composées du préfixe national « CN » suivi d’un tiret et d’une combinaison de lettres ou chiffres. Pour les avions de transport commercial exploités par des compagnies aériennes (Royal Air Maroc, Air Arabia Maroc), les marques suivent le format CN-R suivi de deux lettres (ex. CN-RGA). Pour les avions légers d’aviation générale et les aéronefs des aéroclubs, le format est CN-T suivi de deux lettres ou chiffres. Des séries spécifiques sont réservées aux aéronefs d’État (aviation militaire, protection civile, police) non soumis aux mêmes règles de marquage que l’aviation civile ; (2) Taille et emplacement des marques — les marques doivent être visibles depuis la distance spécifiée et lisibles depuis le sol (pour faciliter l’identification lors des enquêtes d’accident ou des opérations de recherche). La hauteur minimale des caractères est définie selon le type d’aéronef : 50 cm minimum pour les avions à moteur dont la surface de voilure dépasse 100 m², 30 cm pour les autres. Les marques sont apposées à des emplacements précis : sur les deux ailes (surfaces supérieure et inférieure), sur le fuselage (côtés) et sur le gouvernail de direction (empennage) ; (3) Marques des hélicoptères et aéronefs spéciaux — les hélicoptères portent leurs marques sur les côtés du fuselage et sur le dessous du fuselage (pour identification depuis les tours de contrôle lors du survol). Les planeurs et motoplaneurs, les aéronefs ultralégers (ULM) et les drones professionnels (RPAS) ont des règles de marquage adaptées à leur configuration physique — souvent avec des marques réduites mais toujours conformes aux exigences minimales de visibilité ; (4) Marques temporaires et transfert d’immatriculation — lors du ferry flight d’un aéronef nouvellement acquis depuis un pays étranger, des marques provisoires peuvent être utilisées sous couvert d’une autorisation de vol convoyage délivrée par l’ANAC. Ces marques provisoires sont valables pour un seul vol ou une durée limitée. Le transfert d’immatriculation (vente d’un aéronef d’un propriétaire marocain à un autre) nécessite une modification du certificat d’immatriculation — les marques restent les mêmes mais le nom du propriétaire est mis à jour dans le registre ; (5) Radiation du registre — la radiation d’un aéronef du registre marocain intervient lors de la vente à un propriétaire étranger, la mise hors service définitive (destruction, mise à la ferraille), ou la perte (accident, disparition). La radiation donne lieu à l’émission d’un certificat de radiation — document indispensable pour immatriculer l’aéronef dans un autre État. La radiation ne peut intervenir que si toutes les obligations financières du propriétaire envers l’ANAC ont été honorées.
Comment le Maroc se positionne-t-il dans l’aviation civile africaine ?
Le positionnement du Maroc dans l’aviation civile africaine est renforcé par plusieurs atouts : (1) Royal Air Maroc — hub africain de référence — Royal Air Maroc (RAM) est l’une des premières compagnies aériennes africaines par le nombre de destinations desservies sur le continent africain (plus de 35 pays africains). L’aéroport Mohammed V de Casablanca est un hub de correspondance pour les voyageurs en transit entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne — une position que RAM a développée stratégiquement grâce à des partenariats avec des compagnies africaines régionales et son adhésion à l’alliance oneworld. Le réseau RAM en Afrique est un atout diplomatique et économique majeur pour le Maroc dans ses relations avec les pays africains ; (2) ONDA — gestionnaire des aéroports internationaux — l’Office National Des Aéroports (ONDA) gère 24 aéroports au Maroc, dont les aéroports internationaux de Casablanca, Marrakech, Agadir, Tanger, Fès et Oujda. Ces aéroports ont été modernisés ces dernières années pour accueillir des avions gros porteurs (Airbus A380, Boeing 787) et traiter des volumes croissants de passagers (plus de 26 millions de passagers en 2019 avant la pandémie). L’ONDA développe également sa compétence en gestion aéroportuaire à l’export, accompagnant des pays africains dans le développement de leurs infrastructures aéroportuaires ; (3) Formation aéronautique — export du savoir-faire marocain — le Maroc dispose d’écoles de formation aéronautique reconnues (Institut de Formation aux Métiers de l’Aviation Civile — IFMAC, école de pilotage de l’ANAC) qui forment des pilotes, des techniciens de maintenance et des contrôleurs aériens pour le Maroc et pour les pays africains voisins. Cet export de compétences aéronautiques renforce la diplomatie technique du Maroc sur le continent ; (4) Maintenance aéronautique — développement d’un cluster MRO — le Maroc développe un secteur de maintenance aéronautique (MRO — Maintenance, Repair and Overhaul) compétitif en Afrique. Des acteurs comme Safran Maroc, RAM-Engineering et d’autres entreprises spécialisées opèrent dans la zone industrielle de Tanger et autour des aéroports. Ces activités à haute valeur ajoutée créent des emplois qualifiés et contribuent à la balance commerciale marocaine dans les services aéronautiques ; (5) Sécurité aérienne — alignement sur les standards OACI — le Maroc participe activement aux programmes d’audit de l’OACI (USOAP — Universal Safety Oversight Audit Programme) et maintient des scores de sécurité aérienne supérieurs à la moyenne africaine. Cet alignement sur les standards internationaux renforce la confiance des compagnies aériennes internationales qui souhaitent opérer vers le Maroc et facilite les accords de services aériens bilatéraux permettant à RAM de desservir de nouvelles destinations.