L’ONCF entame le nouvel an en se parant de vert. Il franchit un pas supplémentaire dans sa transition énergétique, en faisant rouler dès ce 1er Janvier la totalité de ses trains Al Boraq, à l’énergie propre. En effet, l’Office opère sa transformation verte de manière progressive, en faisant passer 25% de sa consommation énergétique globale à l’énergie verte, pour en atteindre 50% en 2023 avant de la porter à la totalité, à moyen terme.
A travers cette transformation écologique, l’ONCF s’inscrit en droite ligne avec la stratégie énergétique nationale, conduite sous l’impulsion et le leadership de SM le Roi Mohammed VI, Que Dieu L’Assiste, qui place les énergies renouvelables au centre du mix énergétique de notre pays. Celle-ci prévoit l’augmentation de la part des ressources renouvelables pour les situer, dès 2030, à plus de 52% de la capacité installée. Faisant ainsi du Royaume l’un des pays émergents les plus engagés dans le développement des énergies éolienne et solaire.
L’ONCF s’attèle ainsi, dans le cadre de sa politique énergétique et de sa stratégie RSE à œuvrer vers un verdissement et une décarbonation progressifs. Des initiatives volontaristes viennent conforter l’Office dans sa vision écoresponsable. On en citera, entre autres : la certification progressive des sites ferroviaires selon les normes ISO 14001 et 50001, la réalisation systématique des études d’impacts des grands projets, l’évaluation annuelle du bilan carbone, l’adoption d’un système d’éco-conduite, le recours aux énergies alternatives photovoltaïques au niveau des gares et bâtiments…
Ainsi, grâce à l’énergie propre fournie par un opérateur national, l’ONCF verdit le cycle d’alimentation électrique du réseau ferré national, en substituant sa consommation électrique par une énergie propre. Ce qui lui permettra à court terme, d’améliorer globalement son empreinte carbone, avec l’équivalent de 120 000 tonnes de CO2 évitées chaque année, ou encore à 4 millions d’arbres plantés.
En effet, voyager par train constitue l’un des meilleurs moyens de limiter son bilan carbone. En moyenne, le train émet 25 à 30 fois moins de gaz à effet de serre que les autres modes de transports.
Si le pari de l’ONCF est désormais d’alimenter à terme, l’ensemble de ses trains entièrement à l’énergie propre, les trains Al Boraq seront les premiers à offrir des voyages écoresponsables à l’énergie 100% éolienne. Ils inviteront à voyager bien, à voyager mieux, à voyager responsable, pour des déplacements tout en confort, en sécurité, très rapides et à basse facture carbone… Et pour encourager ses clients à adopter une attitude plus respectueuse envers la nature, en réduisant leur empreinte carbone, l’ONCF procédera prochainement au lancement d’actions marketing visant à faire d’Al Boraq, le meilleur allié pour voyager écoresponsable. Somme toute, le choix pour une mobilité durable qui préserve mieux notre planète !
Transport ferroviaire vert au Maroc : transition énergétique de l’ONCF et objectifs climatiques
La transition énergétique de l’ONCF — matérialisée par l’alimentation des trains Al-Boraq à 100 % d’énergie renouvelable — s’inscrit dans la stratégie nationale marocaine de décarbonation et dans le positionnement du Maroc comme leader africain de la transition énergétique. Selon l’AIE (Agence Internationale de l’Énergie), l’organisation intergouvernementale de référence mondiale sur les questions énergétiques, le transport ferroviaire alimenté par électricité renouvelable est l’un des modes de transport les plus durables disponibles — émettant en moyenne 80 à 95 % moins de CO2 qu’un avion sur des distances comparables, et contribuant directement aux objectifs de neutralité carbone que les pays membres de l’AIE se sont engagés à atteindre d’ici 2050. Le Maroc, qui a développé une des capacités en énergies renouvelables les plus impressionnantes du continent africain (objectif de 52 % d’électricité renouvelable dans le mix électrique d’ici 2030), dispose des conditions idéales pour faire du transport ferroviaire électrique un modèle de mobilité verte exemplaire — pour les Marocains et pour les pays africains qui s’inspirent du modèle marocain de transition énergétique.
Transition énergétique ferroviaire dans le contexte marocain :
- Programme d’énergies renouvelables du Maroc : le Maroc s’est engagé dans une transition énergétique ambitieuse — le complexe solaire Noor d’Ouarzazate (l’un des plus grands au monde), les parcs éoliens de Tarfaya et Taza, le Programme d’Intégration des Énergies Renouvelables (PIMER). Ces investissements massifs portent la part des renouvelables dans le mix électrique marocain à plus de 40 % actuellement, avec un objectif de 52 % en 2030. L’ONCF, gros consommateur d’électricité (les trains électriques représentent plus de 30 % de la consommation d’ONCF), bénéficie directement de ce verdissement du mix électrique national.
- Contrats d’approvisionnement en énergie verte : l’ONCF a conclu des contrats d’achat d’électricité verte (Power Purchase Agreements) avec des producteurs d’énergies renouvelables marocains, garantissant que l’électricité consommée par ses trains est tracée et certifiée d’origine renouvelable. Ces contrats permettent à l’ONCF de communiquer sur l’empreinte carbone de ses services — un atout commercial croissant face à des voyageurs et des entreprises de plus en plus sensibles à l’impact environnemental de leurs déplacements.
- Efficacité énergétique et récupération d’énergie : les trains à grande vitesse Avelia Euroduplex équipant la ligne Al-Boraq sont dotés de systèmes de freinage régénératif — ils restituent au réseau électrique l’énergie produite lors des phases de freinage. Cette récupération d’énergie réduit la consommation électrique globale du système de 15 à 20 % par rapport à des trains non équipés. L’ONCF optimise également la conduite (éco-conduite ferroviaire) pour minimiser les consommations d’énergie sur les lignes classiques.
- Bilan carbone comparatif des modes de transport : choisir le train Al-Boraq entre Tanger et Casablanca plutôt que l’avion ou la voiture réduit l’empreinte carbone du voyage d’environ 90 % par rapport à l’avion et de 75 % par rapport à la voiture individuelle. Cet avantage environnemental, associé à la réduction du temps de trajet (2h10 en train vs. 3h30 porte-à-porte en avion), positionne Al-Boraq comme le mode de transport optimal — à la fois le plus rapide et le plus durable — sur l’axe Tanger-Casablanca.
FAQ : Transport ferroviaire vert et transition énergétique au Maroc
Comment l’ONCF mesure-t-il et réduit-il son empreinte carbone ?
La démarche carbone de l’ONCF s’appuie sur une méthodologie rigoureuse : (1) Bilan carbone et périmètres d’émissions — l’ONCF réalise un bilan carbone annuel selon la méthodologie GHG Protocol (Green House Gas Protocol), qui distingue trois périmètres d’émissions : Scope 1 (émissions directes — carburant des véhicules thermiques, chaudières des bâtiments), Scope 2 (émissions indirectes liées à l’électricité consommée) et Scope 3 (émissions de la chaîne de valeur — fabrication des trains, construction des voies, déplacements des employés). Le Scope 2 représente la part dominante de l’empreinte carbone d’une entreprise ferroviaire électrique — c’est pourquoi le verdissement du mix électrique marocain a un impact direct et majeur sur l’empreinte carbone de l’ONCF ; (2) Certificats d’Origine des Garanties (GO) — pour attester de l’origine renouvelable de l’électricité consommée, l’ONCF recourt aux Garanties d’Origine (GO) — des certificats électroniques attestant qu’une quantité déterminée d’électricité a été produite par une source renouvelable spécifique. Ces certificats, reconnus internationalement (norme RE100), permettent à l’ONCF d’afficher une empreinte carbone Scope 2 nulle ou très réduite. La traçabilité des GO est gérée par l’AMEE (Agence Marocaine pour l’Efficacité Energétique) en coordination avec ONEE (Office National de l’Electricité et de l’Eau potable) ; (3) Plan de sobriété énergétique — au-delà du verdissement de l’électricité consommée, l’ONCF déploie un plan de sobriété énergétique dans ses bâtiments (LED dans toutes les gares, isolation thermique, pompes à chaleur), ses ateliers de maintenance (récupération de chaleur, optimisation des process) et ses opérations ferroviaires (horaires optimisés pour réduire les temps d’arrêt des rames en gare, maintenance prédictive pour éviter les incidents coûteux en énergie). Ces actions de sobriété sont complémentaires au verdissement du mix électrique — elles réduisent les volumes consommés avant même de les sourcer renouvelables ; (4) Communication environnementale et éco-label — l’ONCF communique sur son empreinte carbone auprès de ses voyageurs — affichage dans les gares et les trains des émissions de CO2 comparées entre le train et les modes concurrents, calculateur carbone sur le site web permettant à chaque voyageur d’évaluer l’impact de son choix modal. Cette communication vise à ancrer dans l’esprit des Marocains que le train est le choix le plus responsable pour leurs déplacements longue distance. Des partenariats avec des entreprises pour la compensation carbone de leurs déplacements professionnels via le train ONCF constituent une niche commerciale en développement ; (5) Objectifs net zéro de l’ONCF — l’ONCF s’inscrit dans la trajectoire nationale de neutralité carbone du Maroc à l’horizon 2050 (engagement pris dans le cadre de l’Accord de Paris). L’opérateur ferroviaire a défini des jalons intermédiaires de réduction de son empreinte carbone (réduction de 40 % d’ici 2030 par rapport à 2019) et des plans d’action pluriannuels pour les atteindre. La progression vers ces objectifs est reportée dans le rapport RSE annuel de l’ONCF — document public consultable par tous les parties prenantes.
Quels sont les avantages du transport ferroviaire pour les entreprises marocaines ?
Les avantages du fret ferroviaire pour les entreprises marocaines sont multiples : (1) Coût compétitif sur les longues distances — le transport ferroviaire de fret est significativement moins coûteux que le transport routier pour les volumes importants sur les longues distances. Pour les industries gourmandes en transport de matières premières (OCP pour les phosphates, cimenteries, aciéries), le rail est le seul mode économiquement viable pour les grands volumes. L’ONCF transporte plusieurs dizaines de millions de tonnes de marchandises par an, dont une part prépondérante de phosphates vers les ports d’exportation. Les industries qui ne disposent pas encore de connexion ferroviaire peuvent envisager des solutions de transport combiné route-rail (transbordement dans les terminaux multimodaux de l’ONCF) ; (2) Réduction de l’empreinte carbone des supply chains — les grandes entreprises marocaines exportatrices vers l’Europe sont de plus en plus soumises à des exigences de reporting RSE de leurs clients européens, qui incluent l’empreinte carbone du transport. Substituer du transport routier par du transport ferroviaire permet de réduire significativement cet indicateur et d’améliorer la note RSE de l’entreprise — un avantage commercial croissant dans les appels d’offres des grands donneurs d’ordre européens ; (3) Fiabilité et régularité des livraisons — le transport ferroviaire, sur des voies dédiées et avec des horaires planifiés, offre une régularité supérieure au transport routier, soumis aux aléas de la circulation (embouteillages, accidents, conditions météo). Pour les industries qui organisent leur production en flux tendus (juste-à-temps), la fiabilité des arrivées ferroviaires est un avantage opérationnel significatif. L’ONCF développe des services de fret à horaires garantis pour les clients les plus exigeants ; (4) Massification et économies d’échelle — le train permet de massifier les volumes de transport — un seul train de marchandises peut transporter l’équivalent de 50 à 80 camions. Cette massification génère des économies d’échelle significatives et réduit le nombre de mouvements logistiques à coordonner. Pour les industriels dont les volumes justifient des trains complets (Full Train Load), le rail offre une alternative intéressante à la gestion d’une flotte de camions ou à la négociation avec de nombreux transporteurs routiers ; (5) Sécurité des marchandises et réduction des risques — le transport ferroviaire présente un taux d’accidents et d’avaries de marchandises très inférieur au transport routier. Les risques de vol (particulièrement sur les axes très fréquentés ou dans les zones à sécurité fragile) sont minimisés dans les trains de marchandises sécurisés. Pour les marchandises à haute valeur (électronique, produits pharmaceutiques, équipements industriels), le rail peut offrir une alternative plus sécurisée au transport routier, avec une traçabilité améliorée et des points de contrôle définis.
Comment le Maroc s’aligne-t-il sur les objectifs climatiques internationaux dans le secteur des transports ?
L’alignement du Maroc sur les objectifs climatiques dans les transports passe par plusieurs actions concrètes : (1) Contribution Déterminée Nationale (CDN) et transports — dans sa NDC (Nationally Determined Contribution) révisée soumise à l’UNFCCC (Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques), le Maroc s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 45,5 % d’ici 2030 (avec financement international) par rapport à un scénario de référence. Le secteur des transports, représentant environ 23 % des émissions nationales, est l’un des plus concernés par ces engagements. Les mesures prévues couvrent l’électrification des flottes (bus, taxis), le développement des transports en commun et le transfert modal route-rail ; (2) Plan Maroc Vert et agro-logistique durable — la modernisation de la logistique agroalimentaire (chaîne du froid, entrepôts frigorifiques, transport réfrigéré) est un enjeu de réduction des pertes alimentaires — estimées à 20-30 % en Afrique. La réduction des pertes alimentaires est un levier de réduction des émissions de GES (les aliments perdus représentent des émissions « inutiles » de leur production jusqu’à leur élimination). L’amélioration de la logistique agricole marocaine — soutenue par le Plan Maroc Vert et sa suite Génération Green — contribue directement à la réduction de l’empreinte carbone du secteur agricole national ; (3) Électromobilité et développement des VE — le Maroc développe une feuille de route pour l’électromobilité incluant des objectifs de déploiement de véhicules électriques (VE) dans les flottes de transport urbain (bus électriques dans les grandes villes), les taxis et la flotte de l’État. La production nationale de batteries et de composants pour VE (dans le cadre de l’écosystème automobile marocain déjà existant — Renault, Stellantis) est un enjeu industriel complémentaire de la politique de déploiement des VE ; (4) Coopération climatique régionale en matière de transport — le Maroc joue un rôle actif dans la coopération climatique africaine sur les transports — partage d’expériences sur la transition énergétique ferroviaire, coopération technique sur les standards de véhicules propres, développement de corridors de transport bas carbone en Afrique de l’Ouest. Ces échanges s’appuient sur les institutions africaines (UA, BAD) et les forums internationaux (COP, ITF Summit) dans lesquels le Maroc est activement présent ; (5) Finance verte et financement de la transition des transports — la transition du secteur des transports vers la neutralité carbone nécessite des investissements considérables — électrification des flottes, développement des infrastructures de recharge, construction de nouvelles lignes ferroviaires. Le Maroc accède aux instruments de finance verte internationaux (Green Climate Fund, Climate Investment Funds, obligations vertes) pour financer cette transition. La structuration de projets « verts » éligibles aux critères ESG des investisseurs institutionnels est un enjeu stratégique pour les opérateurs de transport marocains qui cherchent à diversifier leurs sources de financement.